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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 17:23

 

Le radeau de la méduse

juillet 2010

 

La fiscalité continue à s’alourdir

En dépit des promesses électorales, la fiscalité des actionnaires, connaît un tour de vis supplémentaire :

              - Suppression de tout seuil de cession qui permet de taxer les plus-values à 31,1% sans que l’inflation ne soit prise en compte

                -  Hausse de la CSG de 1%, portant le prélèvement total de 27 à 31,1% depuis l’élection présidentielle,

                 - Suppression du crédit d’impôt de 115 euros qui était censé compenser l’impôt sur les bénéfices payé par les entreprises.

De ce fait le prélèvement sur les dividendes perçus comporte un cumul de prélèvement qui atteint en théorie 33% d’impôt sur les sociétés, plus 31,1% d’impôt et de CSG. Avec le prélèvement à la source, la rapidité d’encaissement s’accélère pour les impôts.Seuls les PEA et PEG retardent le prélèvement au jour du retrait des capitaux.

On peut se demander pour quelle raison un bouclier fiscal ne s’applique pas à des prélèvements dont la progression est continue. Les prétextes ne manquent jamais pour justifier une fiscalité d’exception croissante. 1%, ce n’est pas grand-chose… mais le démantèlement de l’ancien système de l’avoir fiscal remplacé par un crédit d’impôt désormais supprimé ajoute l’impôt à l’impôt. Qui plus est après les très mauvais résultats économiques enregistrés en 2008 par les entreprises. Après une baisse de 10% du CAC40, l’imposition des plus-values répond plus à un affichage, qu’à une réalité. Depuis 2000, la bourse a perdu 25% après 3 plongeons, ce qui signifie que l’on taxe une année sur deux. Les montagnes russes de la cote écrêtent les sommets, alors que les baisses diminuent le montant des plus-values réalisées.

Seuls les actionnaires actifs et attentifs réalisent des plus-values dans ce marché. En conséquence les nouveaux venus issus des souscripteurs des dénationalisations sont invités à quitter un marché sans grand intérêt. La création d’enveloppes défiscalisées n’a pas empêché leur imposition, ni la limitation des déductions fiscales possibles pour les PEG et les assurances-vie (qui sont de l’épargne retraite) !

 

L’économie Casino

Simultanément deux procès viennent de se dérouler qui rappellent la façon dont les actionnaires ont été tondus par Messieurs Kerviel et Messier. Dans l’affaire de la Société Générale le titre a perdu plus de la moitié de sa valeur en dépit d’une augmentation de capital. Cette dernière n’a peut-être rien réglé car des stress tests théoriques indiquent que les pertes qui restent à sortir sur l’ensemble des banques s’élèveraient à 200 milliards d’euros en Europe. Mais cette situation ne prend pas en compte le risque important d’une défaillance d’Etat. Dans cette hypothèse les prises de participations des banques françaises dans des filiales de pays PIGS coûteraient encore plus cher. Aussi les démêlés de Jérôme Kerviel prennent un coup de vieux, tout dans cette affaire étant déjà largement connu. Bernard Madoff est depuis passé par la case prison en portant son casse à un nouveau niveau record.

 

La société Vivendi a su protéger les intérêts de Monsieur Messier aux Etats-Unis et en France. Mais les intérêts de ses actionnaires n’ont pas été préservés. Alors que Vivendi faisait jeu égal avec France Télécom au plan du chiffre d’affaires, il y a 10 ans, avec une capitalisation supérieure… le bilan actuel est fort désagréable. Rappelons que le cours de Vivendi était de 49 euros contre 17 à ce jour. Les actionnaires ont perdu plus de la moitié de leur investissement. La perte de 20 à 30 milliards de capitalisation n’a entraîné aucune conséquence dommageable autre qu’un départ du groupe de ses responsables. Pourtant le bilan de Vivendi a porté la trace de plusieurs dépréciations liées à des erreurs commises dans de nombreux investissements. Que de mauvaises performances offrent la possibilité aux dirigeants d’être rémunérés et félicités à leur arrivée et lors de leur départ tout cela montre le dérèglement d’un système.

 

La simultanéité des audiences Kerviel et Messier montre aussi un traitement très différent des deux inculpés. Monsieur Messier est lavé de tout soupçon par le Procureur de la République, qui requiert une relaxe pure et simple. Kerviel lui s’en tirera sans doute plus mal car 5 milliards c’est plus que 30 milliards dans la nouvelle comptabilité qui s’instaure.

 

L’affaire Bettencourt éclabousse aussi la gestion de l’Oréal. Son président aurait accepté de verser à Monsieur Banier 400 000 euros par an, en vertu d’un contrat d’une durée de 10 ans. Ce contrat aurait eu pour contrepartie l’obligation d’organiser une exposition par an. Mais s’agissant d’un protégé de l’actionnaire principal qui désigne aussi le président de la société L’Oréal, certains y voient un risque de confusion des genres. Plusieurs actionnaires ont donc saisi les organes de contrôle du marché pour vérifier s’il n’y a pas un abus de bien social.

 

Les Caisses d’épargne viennent d’être épinglées par la Direction des fraudes pour un produit appelé « doubl’o ». L'affaire "Doubl'ô" trouve ses origines en 2007, date à laquelle les placements en question sont arrivés à terme. Les épargnants ont alors découvert avec stupéfaction qu'ils n'avaient pas doublé leur capital, contrairement à leurs espoirs. Ils n'ont en fait récupéré que leur mise, minorée de frais de souscription. 240.000 clients de la Caisse d'Epargne ont investi dans ce produit. La plaquette promotionnelle du produit indiquait « Doublez votre capital en 6 ans !! » L'astérisque renvoyait à un paragraphe écrit en petits caractères, indiquant "sous réserve des conditions indiquées dans la notice COB". Une de ces conditions était que le placement était associé à un panier de valeurs dont aucune ne devait baisser de plus de 40% pendant la durée du placement. Cette condition s’est réalisée empêchant les clients-pigeons de voir leur placement doubler…

Aussi chers lecteurs pensez à voyager et à dépenser à votre seul profit des sommes dont se régalent quelques vautours.


Bonnes vacances


Guy Muller

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