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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 11:39

La bourse  

septembre 2011

 

Bonjour,

L’été a marqué un retour à une situation de crise, avec un plongeon de la bourse, au-delà de mes prévisions : 3000 au lieu de 3400. Or les milieux économiques prévoyaient en juin une progression vers l’indice 4 500 !!

Les circonstances obligent à un réexamen des mouvements enregistrés par les secteurs économiques avant de prendre de nouvelles positions en bourse.

J’avais indiqué précédemment comment le financement des dettes des Etats avait raréfié les capitaux disponibles sur le marché des actions. Maintenant, l’importance des créances obligataires, stoppe leur croissance. Il faut donc rétrograder brutalement au risque d’arrêter le développement économique. Notre pays, entouré d’économies déclinantes sera aussi touché par la récession. Car passer brutalement d’un trimestre à 0,9% de croissance à un autre à zéro, puis constater une brutale montée du chômage, sont les signes que nous sommes aussi atteints par les plans d’économies menés autour de nous.

 

Un univers économique chaotique

La Grèce vient de revenir dans l’actualité avec le constat de son impossibilité à tenir ses promesses pour la réduction de son endettement. Mais les experts à l’origine des conseils sur la maîtrise des déficits avaient oublié que le remède administré allait réduire le PNB Grec de 5 à 6%. Nous avons appris que la Finlande exige des garanties lui assurant le remboursement de son aide (plusieurs autres pays auraient les mêmes exigences). Madame Lagarde en tant que Directrice du FMI a estimé que les banques européennes n’ont pas suffisamment provisionné leurs pertes sur la Grèce : 21% c’est insuffisant, juge-t-elle. Alors que lorsqu’elle était notre ministre des Finances les banques étaient solides !!

Il apparait que les banques ont voulu sortir très vite de bons bilans afin de reprendre leur politique de distribution de stocks options. Elles ont fragilisé leurs bilans. Après la baisse de leur cours une recapitalisation lèsera une fois de plus les actionnaires. Plus d’actions en circulation, c’est un dividende assuré en baisse.

Les Etats Unis viennent d’entamer une action en recouvrement des 170 milliards accordés aux deux banques spécialistes des crédits hypothécaires. Ils estiment que la création d’outils spéculatifs adossés aux créances hypothécaires est susceptible d’incrimination pour faute. La Société Générale est poursuivie à ce titre pour un montant de 1,7 milliard de dollars.

 

Fiscalité : un peu plus de chaos

Le plan d’économies fiscales qui sera proposé au Parlement se situe dans la tradition française d’un éparpillement de nombreuses (trop nombreuses), taxes et prélèvements en tout genre. Mais pour un résultat final très faible et qui ne rassurera pas les cercles des investisseurs.

-         Passer de 5,7 à 4,5%, c’est gagner 21% sur le déficit, tout en laissant le plus gros de l’effort aux successeurs,

-         Car il est prévu de passer de 4.5% à 3%, l’année suivante. Ce qui imposera un effort ultérieur plus fort.

Loin de rassurer les marchés cet effort laisse au destin le soin de régler l’essentiel de l’ardoise… La pente de notre effort si on la traduit par une droite, n’empêchera pas une progression de notre endettement jusqu’en 2014 : de 83 à 87% du PNB.

Nul doute que ce désendettement de 11 milliards (sur 1700 milliards) au total face pâle figure face au plan de l’Italie de 45 milliards sur un an, auquel s’ajoute un autre plan de 40 milliards sur 3 ans.

 

L’éparpillement fiscal masque l’ampleur des prélèvements

Toutefois ce plan est conforme à notre tradition d’éparpillement de la fiscalité sur des cibles multiples pour en atténuer les effets. J’ai noté que notre plan crée 25 nouveaux impôts ou taxes. Nous restons donc en terrain connu où depuis 4 ans, se développe une fiscalité folle au rythme d’une création ou d’une augmentation par SEMAINE. Cette fois ci il s’agit d’un nouveau prélèvement sur les boissons sucrées et d’une hausse de la TVA sur les parcs de loisirs. Les parlementaires auront leur mot à dire sur la nouvelle fiscalité proposée par l’exécutif.

Parmi les annonces, les épargnants seront encore touchés par la hausse de la CSG, qui atteindra les 32,5%, dont 13,5 pour les PEG, PEA dont les créateurs avaient prévu une défiscalisation. Les salariés sont touchés par la diminution de l’assiette des cotisations soumises à la CSG et à la CRDS, qui passe de 97 à 98%. Le prélèvement sur les complémentaires de santé double, de 1,1 à 2,2 milliards.

Les heures supplémentaires sont modifiées à la marge. Et ce en dépit des rapports d’économistes, de la Cour des Comptes, de l’INSEE, qui en dénonçaient les effets pervers. Un récent rapport parlementaire de 180 pages publié en juin en demandait l’abrogation.

Depuis 2007 c’est un bon millier de pages de rapports qui ont été consacrés à l’étude de l’abattement sur les heures supplémentaires. Ces rapports ont tour à tour dénoncé l’effet d’aubaine (entendre que des primes ont été transformées en HS), l’inefficacité du dispositif au fur et à mesure de l’augmentation du chômage, la destruction simultanée des emplois correspondant à 750 millions d’heures supplémentaires…

 

L’Inspection Générale des Finances vient de publier un nouveau rapport sur les niches fiscales. Ce rapport comporte 6 000 pages et dénonce plus de 50 milliards d’euros (sans efficacité économique) soustraits à la fiscalité commune !!

 

Politique chaotique

Il y a une profonde différence entre la Politique et la conduite d’une économie. La Politique doit constamment occuper le terrain avec des annonces contradictoires dans le temps. L’économie, elle, a besoin de stabilité et d’avoir ses repères, pour trouver la confiance des investisseurs. C’est la raison pour laquelle il est difficile d’admettre les modifications continuelles apportées à la fiscalité. Le beau résultat atteint par l’absence de politique économique est la disparition de 2 à 3 millions d’actionnaires incités à prendre la fuite.

Alors que cette mandature était placée sous le signe de la diminution de la fiscalité, elle s’achève par un feu d’artifice de grande ampleur. J’ai noté la création ou l’augmentation de 190 taxes ou impôts, pendant que l’extension des niches sociales et fiscales atteignait les 150 milliards d’euros.

Les politiques et les lobbies ont créé le chaos à l’ombre de la construction européenne. Chaque pays a utilisé son « indépendance » pour diverger. La remise en ordre commence maintenant.

 

 

Guy Muller

 

 

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Published by Guy Muller - dans Le commentaire du mois
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