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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 19:42

La bourse en janvier 2013

Ce premier mois est le plus important de l’année car il anticipe les tendances à venir. Les carnets de commandes sont au plus haut pour de nombreuses sociétés : Alstom, Vinci, Informatique, aviation, sur des projets structurants. En revanche, la consommation va moins bien, comme en témoignent les derniers indicateurs dont l’automobile est le meilleur exemple.

Des raisons d’optimisme

L’évolution de la bourse tient pour beaucoup à des excès commis dans les deux sens, à la hausse comme à la baisse. Ces excès sont corrigés en janvier par la publication des listes des actions favorites des analystes qui suivent leur évolution.  Enfin, il faut passer des anticipations du marché en 2012, à la réalité constatée lors de la connaissance des résultats des sociétés sur l’ensemble de l’année. Nous n’avons plus longtemps à attendre la publication de ces résultats. L’investisseur pourra ainsi s’appuyer sur certains constats, très éloignés des tirs croisés de la campagne électorale, puisque la réalité s’impose. Avec une hausse de 15,3% à laquelle il convient d’ajouter le montant des dividendes (3,5%) non inclus dans la progression du CAC40, la bourse a infligé un démenti aux Cassandres.

A la question posée par Investir et publiée le 28 avril 2012 sur l’évolution anticipée après l’élection présidentielle, 61% des 4800 internautes consultés pariaient sur une baisse, alors que 18% seulement étaient à la hausse. On peut donc légitimement penser que les particuliers ont été majoritairement écartés du bénéfice de la progression du marché à cause d’une erreur d’anticipation. En ira-t-il de même en 2013 ?

Au plan de l’évolution de l’économie, la désindustrialisation s’accentue, tout en offrant de beaux résultats aux sociétés. Sur plus de cents sociétés suivies par deux bureaux d’analyse, les chiffres d’affaires et les bénéfices, ont continué à progresser en 2012. Ils seront aussi élevés qu’en 2007, alors que la bourse est 35% au dessous des cours de cette période. La raison de cette bonne performance est l’internationalisation croissante des activités de toutes les entreprises. Le troisième trimestre 2012 était supérieur à celui de l’année précédente + 8,6% contre 6,7%.

Au plan fiscal, nous subissons une potion amère, qui commence à donner des résultats. Le déficit budgétaire recule de 10 milliards et devrait atteindre moins 22 milliards en fin d’année à  62 milliards contre 84. Le calendrier d’émission des obligations diminuera. Le déficit de la balance commerciale, a lui, fléchi de 70 à 60 milliards. Comme l’ensemble des pays suit la même évolution l’année 2014 accentuera la diminution des déficits publics. Elle sera très mauvaise pour les acheteurs d’obligations, qui devront s’orienter vers d’autres placements, sans doute le marché des actions. Les besoins des Etats, étant orientés à la baisse, les taux d’intérêt n’auront aucune raison de bouger.

Une Europe du sud sous contrôle

La feuille de route « France » est appréciée car les taux d’intérêt de la dette sont passés de 3,07% à 2,07% sur le dix ans. J’avais expliqué les effets positifs du contrôle européen mis en place et qui oblige les Etats à donner des assurances tous les six mois sur l’évolution de leurs équilibres budgétaires selon dix points d’examen. Il en résulte une obligation de résultat qui transcende les alternances politiques. Enfin, la fin d’une alliance entre la France et l’Allemagne a mis fin à la primauté allemande. Tout d’abord, plusieurs pays ont pu mener des politiques autonomes : Italie, Espagne, Portugal. Deux italiens ont d’ailleurs  démontré leur furia, voire leur génie financier : MM. Monti et Draghi. La décision du directeur de la BCE de racheter des obligations sans limite a été obtenue contre l’Allemagne, mise en minorité par 23 voix sur 24. Mais l’interventionnisme de la BCE n’est pas gratuit car il contraint les pays à de tels contrôles que l’Espagne a refusé de s’y soumettre. En conséquence, l’Europe se dote de moyens de contrôle qui sont de nature à modifier le cours des choses, dont celui de l’euro.

Pour lire les contraintes mises en place : le semestre européen, le six pack (du 12 décembre 2011), le mécanisme d’alerte (14 février 2012) :  link 

 

Guy Muller

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Published by Guy Muller - dans Le commentaire du mois
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