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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 15:52

 

L’overdose fiscale

Nous aurions pu penser qu’avec la quatrième loi de finances modificative, nous en aurions fini avec les hausses d’impôts. Malheureusement, le programme à venir comporte une nouvelle hausse de la CSG de 2%, outre la modification de la TVA et la création d’une taxe Tobin.

Depuis 2007, les prélèvements sociaux seront passés de 11% à 15,5%, soit une hausse de 41%.

 Le taux global d’imposition sera lui passé de 27% à 36,5%. La taxation sur les intérêts atteint même les 39,5%. Autrement dit un rendement de 4% affiché ne rapporte in fine que 2,4%.  L’impôt sur les sociétés passe lui de 33,3 à 38,3%. Mais ce qui est le plus critiquable dans ces records qui dépassent tout ce qui a pu être fait auparavant par les « socialistes », c’est la profonde injustice de ces mesures. 

Sous couvert de taxer les riches, c’est la petite épargne qui est visée, par la suppression d’exonérations sur les plus-values et la taxation dès le premier euro encaissé. Il résulte de cet ensemble de mesures une taxation supérieure à celle du travail (8%) pour toutes les tranches d’imposition comprises entre 5 et 30%. Cette super-fiscalité concerne l’ensemble des revenus quelle qu’en soit la source : immobilier, valeurs mobilières, épargne de long terme. De plus, ces impositions ne tiennent aucun compte de la hausse des prix. On impose donc pour l’essentiel des pertes de valeur. Les riches peuvent opter pour un prélèvement libératoire d’autant plus favorable que leur revenu est élevé.

Sous couvert d’épargner les salariés actifs, on les dépouille simultanément, pour l’ensemble des enveloppes collectives : PEG, PEA, Intéressement et participation, assurances vie et retraite, retraites par capitalisation.

A la recherche de nos valeurs perdues

Le bilan économique de ces dix dernières années s’avère être catastrophique pour l’épargne. Plusieurs millions d’actionnaires ont disparu définitivement en ce qui concerne l’actionnariat direct, celui qui est le plus probant et le plus exemplaire. Car si  l’indice CAC est passé de 7 000 à 3 300, il traduit une quasi indexation sur l’évolution de nombreux titres issus des dénationalisations. Ce ratage est complet dans les domaines de la banque, de l’énergie, de la construction électrique et des télécommunications, des transports routiers et aériens.

La disparition de nombreux titres et la diminution du tirage des rares survivants de la presse économique démontre un effondrement de son lectorat. Adieu la Vie Française, le Journal des Finances, la Tribune. Cette dernière disparition a été récemment actée en janvier 2012.

Avec une bourse baissière et avec l’extinction de la presse économique, comment peut-on inciter les jeunes à venir investir ? Les deux moteurs du marketing boursier sont en panne….

Mais il y a plus grave, c’est la dévalorisation de la parole publique, qui a multiplié des affirmations stupides : baisse du chômage à 5%, rejet de la taxe Tobin et de la TVA sociale, défense des épargnants, etc. Autant d’affirmations qui se révèlent désastreuses au moment du bilan. Les voltes faces multiples prouvent l’absence d’une doctrine économique. Les affirmations successives et changeantes prouvent une domination du court terme et la force des pressions externes pour éviter un dépôt de bilan.


Guy Muller

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Published by Guy Muller - dans Le commentaire du mois
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