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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 10:55

Le commentaire du mois

mars 2009

 

Les actionnaires essorés

La baisse de la bourse s’est poursuivie avec désormais une nouvelle perte de 21 % sur les principaux indices français depuis le 1er janvier. Cette baisse suit celle des bénéfices des sociétés qui ont diminué de 30%en 2008. Or l’augmentation du chômage, avec 90 000 emplois supprimés pour le dernier mois connu, accentue la baisse de la consommation. L’année 2009 sera en conséquence très sombre pour les bénéfices des sociétés.

De l’ensemble des résultats connus, rares sont les sociétés demeurées hors d’eau. En règle générale, les bénéfices progressent moins vite, que l’évolution du chiffre d’affaires. La situation a été longtemps inversée les années précédentes.

Avec 17% de moins en 2007, 43% en 2008, les moins  21% actuels décrivent bien le long martyrologue subi par les actionnaires. Leur découragement et leur diminution numérique suivent les atteintes portées à leur statut de plus en plus réduit. La fiscalité des prélèvements a augmenté sans cesse jusqu’à atteindre 30,1%. Les havres de tranquillité tels que les PEA et PEG ont subi les hausses des prélèvements qui atteignent désormais les 12,1%.

 

Le changement du logiciel économique

Les hommes politiques sont ainsi faits qu’ils doivent s’adapter pour survivre et rester au pouvoir le plus longtemps possible. La crise leur impose en conséquence des revirements brutaux tellement rapides que la référence à un changement de logiciel s’impose. C’est ainsi que le populisme et la démagogie conduisent nos dirigeants à manger rapidement leur chapeau. La doxa* libérale vient de subir de nombreuses attaques :

-          Barak Obama a invité les américains à partager en temps de crise le travail !

-          Nicolas Sarkozy impose un nouveau partage des profits en 3 tiers, oubliant que l’état prend un autre tiers via l’impôt sur les bénéfices,

-          Les nationalisations ne sont plus écartées,

-          Les retraites par capitalisation deviennent des repoussoirs,

-          Le laisser faire économique doit laisser la place à une réglementation à venir avec le G20.

Au fur et à mesure de l’extension de la crise la réforme sera toujours présente mais en ayant complètement changé de cap !

 

Un constat simple : l’acharnement contre les actionnaires

Si l’on cumule les effets de la crise et le changement du logiciel économique, les actionnaires ne peuvent que prendre la fuite. Car ils ont aussi dû accepter des gestions incompétentes :

-          la société sans usine qui a détruit Alcatel, Thomson, Sagem…

-          les rêves ratés, largement basés sur l’octroi de licences accordées par un seul état, ce qui a empêché leurs dirigeants d’obtenir les mêmes conditions à l’étranger : opérateurs de télécoms, opérateurs de télévision.

-          les volontés hégémoniques, qui se sont traduites par d’énormes pertes dans le secteur de l’énergie et des commodités, lors d’implantations étrangères surpayées.

Le beau résultat de ces essais non transformés a été une augmentation de l’endettement et de la fragilité des entreprises. Pour améliorer les bilans il faudra encore recourir aux actionnaires par l’intermédiaire d’augmentations de capital quelquefois hasardeuses.

 

La fin du rêve boursier ?

Comme les dividendes sont déjà diminués et qu’ils le seront plus encore avec les résultats économiques de l’année 2009, on comprendra mes conseils d’abstention vis-à-vis de la bourse. Beaucoup d’inepties sont énoncées sur l’économie financière :

L’investissement en bourse serait le meilleur investissement possible dans le temps. Encore faut-il regarder l’évolution d’un indice et ne pas placer le début d’un investissement théorique sur la base la plus basse. L’investisseur place en bourse à n’importe quelle période comme les chefs d’entreprise d’ailleurs. Tout le monde sera d’accord en lisant l’évolution du CAC 40 qu’il vaut mieux acheter à 2400 qu’à 7000. Mais comme il existe de nombreux autres niveaux intermédiaires le risque d’acheter trop cher est toujours présent.

Les sociétés donnent plus qu’elles ne reçoivent. Affirmation fausse ! Pour 40 milliards de dividendes distribués les introductions sur le marché, les augmentations de capital, atteignent les 100 milliards par an.

 

En conséquence le niveau du cours et l’environnement économique général sont des éléments essentiels pour déterminer l’opportunité d’un investissement. L’abstention permet de prendre du recul. Une incessante agitation offre des courtages généreux aux intermédiaires. Lorsque la crise devient macro-économique tous les secteurs sont tour à tour touchés. Le besoin de liquidité est tel que le cours ne signifie plus rien. On l’a bien vu avec d’énormes ventes sur les banques et sur Klépierre avec des pertes de 20% dans la semaine. Pour certains il a semblé impossible de rester en dehors du marché depuis septembre 2007 : cette attitude leur a coûté à ce jour 64% en moyenne. Ceux placés sur des secteurs situés au centre de la crise (banques, automobile) ont pu perdre 90% de leur investissement !

 

Le marché poursuivra son rythme d’évolution en tôle ondulée jusqu’à la prochaine sortie de crise. C'est-à-dire qu’après chaque baisse une reprise temporaire offrira des occasions de vendre à un meilleur prix, pour augmenter ses liquidités. Toutefois, la pente reste encore baissière… car 18 mois nous séparent de l’évolution du marché dominant américain. Ce marché espère une sortie de crise seulement à la fin de l’année 2009, si tout va bien.

 

 

Guy Muller

*Doxa. Voir sur wikipédia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Doxa


 

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Published by Guy Muller - dans Le commentaire du mois
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