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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 16:56

Spécial krach

Février 2009

 

 

Banques : des bilans améliorés grâce à un lifting comptable

 

Une fois de plus les autorités monétaires sont revenues sur de précédentes décisions. Tout le monde se souvient de l’introduction obligatoire des normes IFRS

(IAS en traduction européenne) dites de juste valeur. Ces normes visaient à tenir compte immédiatement des variations des cours de bourse dans les participations des entreprises. Une telle réforme avait été applaudie alors qu’elle intervenait au moment où la valeur des actifs était au plus haut. La juste valeur s’oppose aux valeurs historiques qui fixent la valeur d’achat d’une valeur ou d’un bien au moment de l’achat. En permettant aux banques de ne plus tenir compte de la valeur réelle de leurs actifs on revient sur l’ensemble des normes comptables permettant une juste évaluation de leur valeur.

Les conséquences de ce lifting comptable sont importantes :

-          les achats maladroits de banques à l’étranger ne subissent pas de goodwill,

-          les pertes sur obligations ou actions sont laissées à l’appréciation des comptables,

-          le montant des pertes peut être lissé dans le temps,

-          des bénéfices peuvent être sortis même en cas de diminutions importantes de valeur au bilan.

 

C’est le vote d’un amendement IAS 39 au niveau européen qui a autorisé ce nouveau traitement des comptes des banques (en attendant une extension ultérieure). C’est donc en intégrant cette modification qu’il faut examiner les résultats des banques. Ils sont bien sûr supérieurs à ce que l’on pouvait attendre. Bien que… Dexia affiche 3 milliards de pertes en dépit du nouveau traitement cosmétique.

Aussi les affirmations des banques sur leur solidité doivent être regardées de près. En effet elles sont affaiblies au regard des ratios de solvabilité exigés. Le président Sarkozy a d’ailleurs déclaré « que sans le soutien apporté par l’Etat aux banques, elles auraient été en cessation de paiement ».

 

De la crise bancaire à la crise monétaire


Le FMI vient de revoir à la hausse ses estimations de pertes pour le secteur bancaire. Elles passent de 1400 milliards de dollars du chiffrage d’octobre à 2 200 milliards en février 2009. Le FMI estime qu’une recapitalisation supplémentaire de 1 200 milliards sera nécessaire. Les actifs toxiques qui devraient être placés dans des structures d’extinction s’élèvent à 2 000 milliards de dollars. Chaque mois

voit progresser l’enveloppe qui sera consacrée à acter les destructions d’actifs. Or il est impossible aux Etats de couvrir la totalité des pertes constatées. C’est particulièrement le cas des Etats-Unis qui traînent un déficit budgétaire porté à 2 500 milliards et qui s’ajoute à un total de dettes obligataires émises par le Trésor de 5 500 milliards. A ces niveaux la bulle financière absorbe la totalité des moyens des Etats-Unis. Une telle crise que je qualifie d’englobante est due au multiplicateur du crédit qui a déconnecté l’économie virtuelle de l’économie réelle. La subvention des déficits des banques par les contribuables atteint ses limites et accroit le risque sur la valeur du dollar.

 

Des voix s’élèvent contre la mise en couveuse des pertes

 

Monsieur Jean Pisani-Ferry qui est le directeur du centre de recherches économiques BRUEGEL estime que l’union économique n’a pas encore trouvé de réponse adaptée à la crise économique. Il demande à ce que les bilans des banques soient passés à la paille de fer. Mais au-delà de la situation des banques, il considère que l’appui donné par les banques centrales de certains pays affaiblit certaines monnaies. Ces appuis inconsidérés sont à l’origine de différences importantes dans les taux d’intérêt des monnaies considérées comme les plus faibles. La Grèce, l’Espagne, l’Islande, l’Italie et la France seraient tour à tour atteintes dans leur crédibilité financière. Là encore l’imprévoyance des dirigeants face à la crise économique supprime toute marge de manœuvre car ils sont entrés dans la crise avec des déficits déjà trop élevés. De ce fait ils pourront moins protéger leurs nationaux vis-à-vis des effets de la crise.

 

 

Assurances

 

Le pire est à venir dans ce secteur. Comme pour les banques, les diminutions de valeurs enregistrées dans les participations en 2008, réduisent la valeur des actifs. Toute nouvelle baisse des marchés en 2009 les contraindra à devoir procéder à des augmentations de capital. Comme pour les banques ces augmentations de capital en augmentant le nombre de titres en circulation dilueront le bénéfice par action. Il en résultera des conséquences dommageables pour les actionnaires. L’actionnaire est une dupe permanente des marchés baissiers. S’il souscrit aux appels de fonds exigés lors d’une augmentation de capital, il réduit le bénéfice attendu pour chacun de ses titres. L’Etat l’attend au tournant en taxant les distributions.

Les clients des assureurs ne sont pas encore informés que s’ils bénéficient d’une participation aux bénéfices de 85%, ils participent aussi aux pertes à raison de 85%.

 

Une étude d’Oddo de la semaine dernière envisage une baisse de 26% des bénéfices des assureurs en 2009 et de 14% en 2010.

 

En conclusion

 

Les décisions prises tant par les autorités politiques que financières ne sont pas de nature à rassurer les épargnants. L’aggravation du chômage annoncée au Canada et aux Etats-Unis de plus de 700 000 chômeurs pour le seul mois de janvier 2009  annonce de très mauvais jours à une Europe encore très peu touchée par la récession.

La reprise de la bourse ne doit pas faire illusion, elle salue les derniers bons résultats, relatifs à l’année 2008. Les résultats qui seront affichés à la fin du 1er trimestre et les annulations ou diminutions de dividendes donneront un autre visage à la crise.

Le partage des bénéfices en 3 tiers oublie que l’Etat prend auparavant 35% d’impôt sur les bénéfices. En 2009 la contraction des bénéfices sera telle qu’il vaudra mieux ne plus en parler. C’est la même histoire qu’avec les heures supplémentaires qui ont été la fosse commune de l’emploi. Aujourd’hui, l’Etat paye les heures supplémentaires, en même temps que les heures de chômage partiel de nombreux secteurs économiques. Comprenne qui peut !!

 

Guy Muller

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Published by Guy Muller - dans Le commentaire du mois
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commentaires

Guy Muller 02/03/2009 19:25

Le goodwill est la différence entre le prix d'achat et la valeur réelle d'une prise de participation dans une société. Exemple : si Wendel a acheté des St Gobain à 65 euros et que St Gobain de vaut plus que 18 euros, le goodwill est l'écart entre le cours d'achat et le cours côté, multiplié par le nombre de titres.Guy Muller

agricola perdegun 09/02/2009 18:06

Bonjour , serait-il possible de trouver en bas de page la traduction ou la définition de certains mots: googwill..?D'avance merci;