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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 17:46

Spécial krach

Janvier 2009

 

La pépinière n’existe plus, l’analyse de la crise se poursuit

 

Nous attendrons des jours meilleurs pour revenir en bourse. La publication des résultats des entreprises américaines devrait s’avérer catastrophique avec des retraits des bénéfices supérieurs à 25%. En ce moment la bourse doit continuer à perdre de nombreux actionnaires complètement écoeurés par l’attitude des pouvoirs publics. Après avoir hissé le niveau des prélèvements au niveau inédit de 30,1% cette année,  nos dirigeants s’en prennent à la distribution des dividendes. Mais s’il n’y a plus de dividendes, il n’y a plus de recettes, issues de ces versements pour l’Etat ! L’impôt sur les sociétés atteint déjà les 35% avant toute distribution. Seul l’Etat aurait le droit de prélever sa dîme. Souhaitons que les actionnaires étrangers qui détiennent plus de 40% des actions du CAC 40 ne retirent pas leurs fonds immédiatement !

Depuis notre retrait la bourse a baissé de 12% et les nouvelles du jour ne sont pas brillantes. Les banques britanniques doivent être aidées à hauteur de 55 milliards d’euros.

 

Les banques toujours en difficulté

Le gouvernement britannique a lancé lundi une nouvelle bouée aux banques, la deuxième en trois mois, pour relancer leurs activités de crédit en assurant leurs pertes et en garantissant leurs dettes. Ce plan prévoit la création, à compter du 2 février, d'une structure dotée de 50 milliards de sterling (55 milliards d'euros), qui rachètera par exemple des obligations de sociétés ou des billets de trésorerie.

Royal Bank of Scotland, l'un des principaux bénéficiaires des mesures, a fait savoir que ses pertes pourraient atteindre 28 milliards de sterling (30,95 milliards d'euros) au titre de 2008, ce qui serait une perte record dans l'histoire des entreprises britanniques.

RBS est désormais détenue à 58% par l'État à la suite du premier plan de soutien mis en place par Londres à la fin de l'an dernier. La participation du Trésor dans l'établissement pourrait monter à près de 70% après la décision de Londres de remplacer cinq milliards d'actions préférentielles détenues jusqu'ici par des actions ordinaires.

La Banque Dexia serait prochainement adossée à la banque Postale ce qui aura pour effet de diminuer le fol engagement de l’Etat vis-à-vis de Dexia.


Un essai raté pour généraliser l’incompétence économique

A l’origine de la crise actuelle, il y a l’absence d’analyse macro-économique, de par l’affectation des analystes à des observations micro-économiques. Ces analystes sont devenus ceux des secteurs de l’économie, puis ceux des meilleures valeurs à conseiller. Personne n'a analysé les dérives économiques des Etats Unis à l'origine de la crise (à l'exception du Monde Diplomatique). Ils ne sont pas les seuls à s’être ainsi trompés puisque les grands investisseurs : Eurazéo, Wendel ont eux aussi réalisé des acquisitions en haut de cycle. De ce fait ils ont ruiné ceux qui croyaient en leur pouvoir de divination.

Mais les politiques ont aussi leur responsabilité dans leur incapacité à voir la venue de cycles économiques baissiers. Ils avaient intérêt à embellir la situation, accompagnés par une presse qui a perdu toute crédibilité, alors que la baisse de l’expansion économique était visible depuis deux ans. C’est ainsi que la Doxa libérale était tellement admise que Xavier Darcos a cru bon d’envisager la suppression des cours de Sciences économiques et sociales dans son plan de réforme. L’exercice imposé de supprimer des emplois dans l’éducation l’avait amené à considérer que les français n’avaient pas besoin d’avoir des connaissances dans ce domaine (6% des français sont compétents en économie selon un sondage récent). Or cet enseignement était le seul qui établissait un pont entre l’école et l’activité économique. Cet enseignement facultatif a rencontré un grand succès au fur et à mesure de l’extension de la crise. Un tel épisode montre à quel point les partisans du libéralisme étaient convaincus d’être sur un chemin favorable et sans entrave. Aussi la conversion des politiques à une politique économique qui tourne le dos à leurs certitudes passées montre un affolement qui aura d’autres conséquences :

-         la fin de toute limite apportée au déficit budgétaire où l’on passe de 3% de déficit à 4 ou 5, en attendant d’autres records,

-         l’injection de capitaux dans les infrastructures pour alimenter la machine économique,

-         l’aide apportée à l’automobile dont la production devra répondre à la demande des consommateurs,

-         l’aide apportée aux banques afin qu’elles distribuent du crédit,


De mois en mois l’Etat sera contraint de reprendre la main dans ce qu’il a négligé. L’augmentation du chômage ne pourra pas être contenue dans une enveloppe fixe. D’où l’impossibilité d’obtenir des signatures de syndicats abandonnant la défense de leurs salariés au pire moment du déclin économique. Les heures supplémentaires devront laisser place à une aide en faveur des heures non travaillées, qui seront malheureusement plus nombreuses…

Le plan Obama donne de nouvelles directions dans un gigantesque plan de 825 milliards de dollars : 142 milliards de dollars en faveur de l’éducation, 91 milliards pour l’assurance maladie (Medicaid), 102 milliards pour un plan social en faveur du logement. Les réductions d’impôts sont aussi ciblées en faveur des particuliers et des entreprises dans un énorme plan de 275 milliards de dollars.

La pépinière en janvier

Il est intéressant de montrer quelle aurait été l’évolution de la pépinière à l’occasion de la phase de baisse en cours. Même si une meilleure résistance par rapport à l’évolution du CAC40 est constatée, il valait mieux sortir d’un marché qui n’est pas encore au plus bas. La durée inusitée de la récession qui ne fait que débuter en Europe devrait avoir le même profil qu’aux Etats-Unis. Nous devons donc nous attendre au pire en 2009 et 2010. Avec une progression de 2% du chômage en 2009 et de 1% en 2010 les économistes de Bruxelles sont peut être encore timorés. La forte croissance du chômage risque fort d’auto-entretenir la durée de la récession.

  Suivi des valeurs
Valeur Cours PE 08 Cours Plus value Objectif
  d'achat   actuel   cours
Air France 16 6 7,04 -56% 12
France Télécom 15,2 9 18,82 24% 25
Maurel & Prom 15,2 15 7,32 -52% 12
Total 39,5 9 35,12 -11% 49
SES Global 12,1 15 13,9 15% 18
Vivendi 24,8 9 19,52 -21% 29
Scor 21,1 6 14,7 -30% 17
Rexel 15,5 6 4,4 -72% 8
Pages Jaunes 12,3 11 6,6 -46% 10
Progression moyenne -27,8%  

En décembre le score était de - 20,2, soit une dégradation supplémentaire de 7,6%. Même si le recul est inférieur à celui du CAC40, notre retrait s'avère judicieux, car de nombreuses valeurs ont perdu 25% en quelques jours : BNP et Lafarge par exemple.

En dépit des nombreux souhaits de bonne année 2009 je parie que cette année serait, si c'était possible, à zapper de nos mémoires !

Guy Muller


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Published by Guy Muller - dans La Pépinière
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