Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 13:35

La Pépinière

septembre 2008

 

Le retour des nationalisations


Il fallait s’y attendre, avec le culte de la dérèglementation, des dérégulations irresponsables, le système libéral atteint le sommet de son cycle. Les nationalisations massives des principales banques des pays anglo-saxons sont le fruit d’Etats impotents, devenus inaptes à la protection de leurs citoyens. C’est après avoir reconnu que 4 millions de foyers américains étaient en situation de défaillance que la FED a nationalisé les deux banques spécialisées dans les crédits hypothécaires.

Il s’agit d’éviter une contagion de défaillances bancaires où si seulement 10 banques ont été mises en faillite, pas moins de 117 sont placées sous surveillance ! Les deux banques nationalisées ont un actif de 5200 milliards, soit la moitié de l’endettement des ménages américains. Le trésor sera appauvri de 300 milliards de dollars qui s’ajouteront à un colossal déficit budgétaire.

En France la Société Générale, le Crédit Agricole et Natexis découvrent de nouvelles pertes au fil des trimestres. Pour ces deux dernières enseignes qui dépendaient du mouvement mutualiste on voit l’inutilité complète de leur avoir permis d’être gérées à la capitaliste. C’est le même mouvement qui conduit les mutuelles d’assurance à quitter des protections certaines pour venir se frotter brutalement à de nouvelles règles du jeu. Ainsi l’ensemble du système mutualiste s’avère incapable de survivre aux décisions de promoteurs de réformes inutiles. Les mutuelles avaient avec leur ancienneté prouvé leur efficacité en ne mélangeant pas les genres. En empruntant la voie libérale elles se sont éloignées de leurs principes fondateurs et ont sombré en achetant l’ensemble des créances américaine irrécouvrables. Comme même l’UBS s’est faite avoir sur ces papiers incertains, on comprend que d’anciens mutualistes n’avaient rien à faire dans cette galère.

Les caisses locales du crédit agricole doivent donc suivre l’augmentation de capital de leur caisse nationale. Les banques populaires lancent une souscription pour Natexis à 2 euros 25, ce qui témoigne d’une colossale perte de capital. Pour quelles raisons des banques de dépôt qui vivaient tranquillement de leur clientèle, sont elles aller chercher des bénéfices supplémentaires aux Etats-Unis ?

Nous avons aussi appris la démission simultanée des dirigeants d’Alcatel et les mauvais résultats d’ Alcatel et de Thomson. Là encore de brillants dirigeants ont promu un nouveau type d’organisation : la société sans usine. Cette politique était suicidaire puisqu’elle a mené les actionnaires à des sociétés sans capital, avec des cours de l’ordre de 3 euros.

Tous ces exemples montrent que la réforme, l’adaptation au marché international comportent des risques énormes, mal évalués par les dirigeants.

 

Les conséquences des désordres économiques


Après 15 mois de baisse des marchés, soit – 17% en 2007 et – 25% en 2008, l’entrée en récession diminuera encore les bénéfices des entreprises. Au fur et à mesure de la prise de conscience du sérieux de cette crise, après les résultats du 3ème trimestre, la prolongation de la baisse entraînera une perte de 10% sur les cours actuels.
 

La réserve fédérale a réalisé une bonne performance psychologique en soutenant sans cesse les banques en difficulté, mais avec Lehman et Merill on verra qu’il n’y a plus de capitaux disponibles. Les Etats Unis sont désormais placés dans la dépendance des fonds souverains et des nouvelles puissances fortement exportatrices qui leur assurent leurs fins de mois.
Dans la seule sphère publique outre la disparition certaine de 500 milliards de dollars, il faut additionner 500 milliards dûs à des guerres incertaines (Irak-Afghanistan) et qui s’ajoutent à de nombreux déficits de collectivités locales. Dans la sphère privée les citoyens américains auront épongé personnellement au bas mot 1500 milliards de pertes cumulées en créances perdues, pertes sur des banques dépréciées de 90% de leur valeur, pertes aussi de 80% sur le secteur automobile, pertes à venir sur leur patrimoine immobilier. Pour éponger une telle bulle il faudra beaucoup de temps aux Etats, comme aux particuliers pour qu’ils se rendent compte qu’ils sont désormais limités par des dépréciations d’actifs passées ou encore à découvrir !

Ces cumuls rendront le secteur financier inapte à permettre un développement économique avant longtemps. Il faut bien comprendre qu’à ce stade de la crise aucun acteur ne connaît l’étendue de ses pertes.

 

En dépit des assurances données par les journaux financiers il faut s’abstenir de prendre des positions en bourse.

Nous ne sommes pas face à une récession ordinaire. C’est bien la contagion de pratiques hautement spéculatives qui nous entraîne dans une crise dont on ne peut circonscrire l’étendue. Les assurances, les mutuelles, les caisses de retraite seront durablement affectées par les baisses successives des bourses mondiales à l’occasion de la clôture de leurs comptes sur l’année 2008.

 

Désormais il n’y a plus de secteur à l’abri. Nous ne bougeons pas et continuons à privilégier les placements en taux fixes, y compris dans le livret A. Cette politique a été entamée il y a un an. Le temps de l’investissement en bourse reviendra bien un jour sur des niveaux de valorisation plus faibles.

 

La vie de la pépinière


Nos valeurs ont bien résisté à la baisse. Dans certains cas leur performance ne reflète pas l’encaissement de dividendes importants. Aux 7,5% de la plus value affichée  il faut ajouter 6,2% de dividendes perçus cette année.

Ainsi France Télécom aura distribué en 2008, 1.9 euros de dividende, soit 10% du cours. Idem pour les Pages Jaunes et Maurel et Prom. En ce qui concerne cette dernière société vous lirez dans le Radeau de la Méduse les aventures d’un trader fou qui a obéré les résultats de Maurel.

http://boursitude.over-blog.com/article-22502515.html

Toutes les sociétés suivies ont obtenus d’excellents résultats au 1er semestre 2008 à l’exception d’Affine. L’absence de plus values immobilières au premier semestre rend Affine conforme au reste du compartiment. Ses bénéfices dépendent donc exclusivement et sans doute pour longtemps de ses locations. Ils sont suffisants pour donner un bon rendement mais insuffisants pour rester dans cette société. Nous vendons en conséquence à 30 euros une valeur qui nous a donné bien des satisfactions après une vente partielle à 47 pour un prix d’achat de 15 euros.

 

L’absence de toute banque dans notre sélection et la sur-représentation de l’énergie et des Télécom explique la bonne performance de la pépinière. Même l’achat d’Air France en plein marché baissier s’avère profitable… Vous aurez remarqué qu’Air France tout comme France Télécom ont été sanctionnées à chaque fois que le marché a appris le risque d’une prise de participation étrangère.

 

 

 

  Suivi des valeurs    
           
Valeur Cours PE 08 Cours Plus value Objectif
  d'achat   actuel   cours
Air France 16 6 17,7 11% 24
France Télécom 15,2 9 19,6 29% 25
Maurel & Prom 15,2 15 12,2 -20% 19
Total 39,5 9 45,7 16% 63
Affine 15,5 9 30,7 98% 39
SES Global 12,1 15 15,85 31% 19
Vivendi 24,8 9 25,3 2% 34
Scor 21,1 6 15,7 -26% 22
Rexel 15,5 6 10,1 -35% 14
Pages Jaunes 12,3 11 9,8 -20% 15
Progression moyenne     7,5%  
           
Le rendement du portefeuille de 6% s'ajoute à la plus value
L'achat est déconseillé lorsque le cours est proche de l'objectif
           
  Sorties        
           
2006 Achat Vente Différence    
Métropole TV (M6) 21 26 23,8%    
Suez 16,6 32 92,8%    
BNP 45 84 86,7%    
ING 22,5 35 55,6%    
Schneider 52,5 86 63,8%    
Safran 21 17 -19,0%    
Progression     50,6%    
2007          
Sanofi 70,5 71 0,7%    
ABN Amro 22 27 22,7%    
Affine 15,5 47,2 204,5%    
Christian Dior 47,5 92 93,7%    
Saint Gobain 47,2 82,4 74,6%    
Nexity 44,5 62,5 40,4%    
Groupe Open 13,9 11,1 -20,1%    
ING 31,5 25,6 -18,7%    
Dexia 20,5 17,5 -14,6%    
Progression     47,9%    
2008          
Technip 52 45 -13,5%    
Maroc Télécom 11,8 17,3 46,6%    
Progression     33,1%    
           

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Guy Muller - dans La Pépinière
commenter cet article

commentaires