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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 20:12
Editorial mars 2008
 
L’investissement en bourse exige une grande patience et du sang froid. Je pense que beaucoup de personnes qui sont attirées par les mirages de la bourse viennent y perdre leur chemise s’ils ne respectent pas certaines règles de gestion de base.
Diversification, surveillance attentive des résultats des sociétés, surveillance de quelques indicateurs économiques, c’est à la fois suffisant et insuffisant. Il y a toujours en bourse des acteurs mieux ou plus rapidement informés. L’investisseur individuel doit donc compenser certains handicaps en sachant maintenir le cap en s’informant régulièrement du résultat des sociétés détenues en portefeuille.
 
Les résultats de l’année 2007
Les résultats des sociétés sont la meilleure note de gestion possible. Elle repose sur des éléments concrets, validés par la mise en commun d’éléments disponibles et vérifiables, sous diverses formes : communiqués, présentation aux analystes, politique de distribution (pay-out possible et dividende), perspectives pour l’année en cours à nouveau précisées lors de l’assemblée générale.
Pour l’ensemble des titres suivis et présents dans notre pépinière la connaissance que nous avons des résultats de l’année 2007 donne un résultat remarquable. La progression des résultats est générale, elle s’accompagne d’une nette progression des bénéfices distribués. Pour notre pépinière, les dividendes augmentent de 12%. De plus en plus de sociétés achètent leurs titres pour soutenir les cours et augmenter le bénéfice par titre de l’année suivante (SES, Maroc, Dexia, Maurel, Total…). Sur la page de gauche de notre site vous pouvez aller directement importer les résultats des sociétés et les présentations aux analystes, sans qu’il me soit nécessaire de procéder à une analyse titre par titre.
Pour ceux qui piaffent d’impatience et ne peuvent se retenir d’investir, j’attire une nouvelle fois l’attention sur la société Affine qui vient de réaliser un résultat exceptionnel dans le secteur de l’immobilier avec un résultat de 11 euros par action et un actif net réévalué de 57 euros pour un cours de 35 euros. Son PER est le plus faible de toute la bourse de Paris à 3,3 et son rendement est de 5%. Ceux qui ont suivi cet achat précédemment ont une valeur à prix de revient de zéro euros. En effet Affine a déjà fait l’objet de plusieurs analyses. Rentrée à un prix de 15,5 euros, vous en avez vendu le tiers à 47,2 euros au début de l’année 2007. De ce fait Affine ne coûte plus rien aux lecteurs les plus anciens de cette rubrique, ni à ceux qui ont vendu la totalité de leur position. Le conseil d’achat vaut bien sûr que pour ceux qui ne possèdent pas ou plus cette action. Avec une décote de 40% sur son ANR cette valeur peut supporter une baisse de son ANR sans problèmes. En effet son cash flow est immédiatement remployé dans de nouvelles opérations qui augmentent régulièrement son rendement.
 
Perspectives 2008
Changement de décor absolu : les dernières informations économiques sont de plus en plus mauvaises. L’économie dominante ne cesse de décevoir avec des déficits abyssaux et un très mauvais partenariat mondial. Les Etats-Unis non contents d’avoir avoir transmis des centaines de milliards de dollars de créances irrécouvrables entrent en récession. La fuite vis-à-vis du dollar se généralise avec un lingot qui a dépassé les 20 000 euros. Les fonds souverains se débarrassent de la monnaie maudite en rachetant les principales banques mondiales (dont les colosses américains).
En Europe, l’OCDE ne prévoit plus qu’une croissance de 1,5% accompagnée d’une inflation de 3,4% pour l’ensemble des 27 pays. Pendant ce temps, l’inflation mondiale s’accroît avec des perspectives pour le prix du pétrole de 112 euros prochainement et de 129 euros en fin d’année. Autant dire que le pouvoir d’achat sera complètement absorbé par la hausse des matières premières agricoles, celle de l’énergie et les dépenses sociales (franchises+hausse des cotisations mutualistes). Rien ne restera pour la consommation des ménages !
Pour les BRIC, entendre Brésil, Russie, Inde et Chine, tout va très bien pour ces pays en congé des consignes du FMI. Le Brésil et la Russie sont devenus des pays sans dette et connaissant des excédents commerciaux destinés à perdurer. Ils ajoutent leur croissance à celle de l’Inde et de la Chine, entraînant une hausse permanente de toutes les matières premières. Les entreprises qui investissent dans ces pays y trouvent un relais de croissance compensant la morosité occidentale.
 
Conclusion
Il est toujours trop tôt pour investir sauf dans des secteurs protégés ou qui auraient fortement baissé. Les valeurs immobilières et les bancaires qui ont annoncé de bons résultats ont pu rebondir de 20% après avoir perdu 50%. La bourse reste donc à l’affut des décotes les plus importantes. Les résultats 2008 seront mauvais pour tous les secteurs liés à la consommation : distribution, automobile et équipementiers. Le sort des sous-traitants sera atroce pour ceux de l’automobile et des télécoms.
Pour ce mois, je conseille l’arbitrage de Maroc Télécom à 16.3 (PER 17) pour l’achat de Vivendi à 26 euros (PER de 11). Un premier achat d’Air France permettra d’acquérir ce titre dont le PER est de 6 et dont la capitalisation boursière est la moitié de la valeur d’actif. Pire pour 25 milliards de chiffre d’affaires la capitalisation n’est que de 5 milliards d’euros. Dans ces deux cas il faudra investir de façon plus fine que d’habitude pour pouvoir augmenter sa mise en cas de nouvelle baisse.
Les nouveaux venus profiteront de la baisse actuelle pour se renforcer sur les valeurs dépréciées : Affine, Rexel, Scor, Maurel.
 
Pour Scor il faudra toutefois attendre les résultats annuels.
 
Bonne lecture, la pépinière sera publiée dans une ou deux semaines, pour intégrer les sorties et les entrées.
 

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Published by Guy Muller - dans Le commentaire du mois
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