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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 11:22
La Bourse expliquée à ma fille
janvier 2008
 
A l’occasion de chaque crise boursière, les explications ne manquent pas, pour expliquer la baisse des marchés. On peut même dire, que plus la crise progresse et plus nombreuses apparaissent les démonstrations que nous aurions aimées entendre avant cette baisse ou ce crash.
Personne ne dit que les branches ne montent pas jusqu’au ciel et qu’après un triplement des cours depuis 2001, le rythme de la hausse ne pouvait que ralentir ! Si un seul type de placement pouvait assurer la richesse nous le saurions depuis longtemps. Nos professeurs économistes et les plus grands théoriciens meurent sans atteindre la richesse. Il en va de même des nombreux conseils financiers des banques qui vous conseillent les valeurs issues des listes de leurs bureaux d’analyse.
A la fin de la guerre deux généraux se disputaient les lauriers de la victoire. Alors que le Général Giraud ne tarissait pas des descriptions de ses nombreuses évasions des prisons nazies en les embellissant, il énervait énormément le Général De Gaulle. Excédé, celui-ci lui demanda d’expliquer comment après tant d’astuces déployées pour s’évader, il avait pu se faire prendre aussi souvent !
 
 
La Neuillycratie à l’oeuvre
La semaine écoulée a placé plusieurs personnes au centre de l’actualité. Le seul point commun entre elles est d’être des citoyens de la ville de Neuilly. Bien que le Monde 2 traite ce jour des HLM de Neuilly, de leur spécificité : pied à terre de riches possédant des résidences secondaires, description des belles voitures logées sous les HLM, mon propos ne s’attachera pas à dénoncer ce qui est devenu une coutume démocratique : la récompense d’une clientèle.
 
Monsieur Attali, vient de rédiger un important rapport, après avoir longtemps conseillé Mitterrand et plus de 20 chefs d’Etat. Habitué à côtoyer les grands de ce monde il compte cependant quelques atterrissages ratés dans le secteur économique. Il aurait conseillé le patron de Vivendi dans l’achat d’une société de mobiles polonaise. Cette bonne affaire est devenue une débâcle. Directeur d’une très grande banque, il était surtout soucieux d’améliorer l’entrée du hall de sa banque avec du marbre de Carrare, plus que d’en regarder les comptes.
Toutefois, ses mésaventures n’enlèvent rien au mérite d’un grand brasseur d’idées. Il a bien dû écrire 30 livres, peu économe de son temps, son esprit est toujours en alerte. Excellent conteur il charme tous ses auditoires prêts à acquitter des sommes astronomiques pour la moindre de ses prestations. Habitant à Neuilly, il a peu de distance à parcourir pour rencontrer ses bons élèves. Il est devenu le Socrate des grands comme des petits. Mais à quoi bon poursuivre plus avant, d’autres l’ont traduit en procès, dont vous trouverez le lien ci-après :
 
 
Monsieur Jérôme Kerviel autre homme de la semaine.
Il a pu transmuer 4,9 milliards d’euros en rien du tout. Cet antéchrist a été capable de rendre au néant ce qui vient du néant. La bulle spéculative qui s’est largement développée avec de nombreux outils a oublié le monde réel et sa croissance riquiqui, pour offrir des progressions faramineuses des profits. Sa performance entrera dans le livre des records de la fumisterie financière. Il a pensé tout seul que les marchés devaient monter (au contraire de l’auteur de ces lignes) et pris des positions bien supérieures au capital de sa banque 40 ou 50 milliards d’euros se sont traduits par une perte de 10%. La société générale a donc débouclé ses positions d’urgence lundi dernier. Mais une autre institution financière « Richelieu Finances » a vendu nombre de lignes le même jour. Cette institution au bout du rouleau s’est adossée à une banque pour résister à la tempête.
Qui a parlé de cette deuxième affaire ?

 
De nombreux journalistes traquent désormais l’auteur de la plus grande arnaque connue, désormais invisible à son domicile de Neuilly. Les conséquences de cette affaire sont graves pour la Société Générale dont les comptes ont la noirceur de son logo, sans que le rouge de la honte ne monte aux joues de son directeur. Une recapitalisation d’urgence est programmée à hauteur de 5,5 milliards à un cours de 60 euros. En 2007 la Générale avait côté 160 euros !!
Un tel préjudice mettra longtemps à être réparé s’agissant d’une banque mondiale spécialiste des instruments de marché sophistiqués dont elle est désormais devenue la victime.
 
Neuilly l’univers en forme de bulle
Si les habitants de Neuilly se contentaient de vivre entre eux le mal serait bénin. L’ennui c’est qu’ils projettent leur univers factice à la face du pays voire du monde. Ils peuvent se reproduire et donc trouver des relais de pensée à Saint Trop, Villefranche sur mer, Beaulieu, Cap Ferrat.
Leurs idées essaiment vite. Après l’annonce par la presse et la radio des mésaventures de la Générale j’ai entendu sur France Inter. « Que penser d’une arnaque menée par un « petit trader » qui gagne seulement 100 000 euros par an ». Dans cet univers 8 000 euros mensuels c’est peu ! Pourtant bien des cadres seraient heureux de gagner cette somme ! Ceux qui vivent dans cette bulle ignorent que les cadres supérieurs sont loin de les percevoir.
En vivant dans une bulle on vit sur une autre planète. Le concret, le matériel, c’est très loin. Pour le matériel, il y a le personnel de maison, la voiture qui évite les transports en commun, les relations mondaines qui s’établissent au plan international. Neuilly c’est l’évitement, l’éloignement permanent vis-à-vis du peuple.
Un projet par jour, une vie où les atterrissages manqués n’empêchent nullement des rebonds, une vie de conteurs et non de compteurs.
 
Le menu fretin de leurs nombreuses victimes alimente une chronique permanente et mensuelle de prédateurs dénoncés dans notre chronique du radeau de la méduse. Chronique qui ne manquera malheureusement jamais de matière, tant les gogos sont nombreux et se reproduisent, pour le plus grand profit de ceux qui les tondent.
 
 
Guy Muller

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