Les vidéos du mois

L’ex conseiller de Messieurs Chirac, Pasqua et Tibéri, Jean François Probst, offre sa lecture critique des journaux de la semaine. En direct de Bakchich.info une excellente chronique hebdomadaire de la presse :

http://www.bakchich.info/Probst-et-les-ancetres-de-Perol,07218.html

http://www.bakchich.info/Probst-et-la-machine-Afrique,07377.html

 

Brèves

AIG : perte de 62 milliards de dollars sur le dernier trimestre, 100 sur l'année.

Dimanche 8 novembre 2009

Le radeau de la méduse

Novembre 2009

 

Le radeau de la Méduse est une rubrique conçue pour assurer la défense de l’épargnant autant vis-à-vis des sociétés que vis-à-vis de l’Etat. Les arnaques à l’épargne et à la consommation sont trop nombreuses et dépouillent les plus faibles.

L’Etat est aussi un grand prédateur lorsqu’il modifie trop fréquemment les règles du jeu concernant la fiscalité de l’épargne. C’est ce qui est en train de se passer avec la prochaine loi de Finances qui étend jusqu’à l’absurde de nouveaux prélèvements sur les plus-values, l’assurance-vie, les plus values immobilières, etc. Nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement.

En ce qui concerne les sociétés l’absence d’une class action permet à des naufrageurs de l’épargne de continuer à prospérer en augmentant le nombre de leurs victimes. La récidive est dans de nombreux cas encouragée par les liens entre responsables de sociétés et pouvoir en place. Le rapport annuel de Transparency International montre depuis de nombreuses années une augmentation de la corruption qui déclasse un peu plus la France chaque année.  

La class action permet à plusieurs personnes ou à des milliers d’engager une action judiciaire et pénale contre les agissements des naufrageurs de l’épargne. Alors que cette action devait être autorisée par deux engagements de campagne électorale par deux Présidents de la République, ces engagements n’ont pas tenu. En l’absence de class action, les particuliers ne peuvent se défendre lorsque leur préjudice est inférieur au coût d’une procédure, ce que je dénonce depuis très longtemps. Au contraire plusieurs mesures récentes montrent une régression de la lutte contre la délinquance financière avec la réduction des effectifs affectés à cette tâche. La suppression du juge d’instruction achèvera ce processus de destruction pendant que l’opinion publique sera orientée sur les méfaits de la petite délinquance.

 

Vivendi encore…

Les rebondissements successifs de l’affaire Vivendi montrent l’intérêt de l’existence d’une class action aux Etats-Unis. Monsieur Messier doit en ce moment se défendre devant des tribunaux étrangers car il avait demandé la cotation de l’action Vivendi aux Etats-Unis. Il est accusé d’avoir falsifié l’information du public, méconnu les avertissements multiples de Monsieur Hannezo directeur financier de Vivendi, vidé les caisses de sa société en achats catastrophiques, puis en soutenant artificiellement le cours du titre Vivendi (accentuant encore la crise de trésorerie du groupe). Cette affaire a déjà été jugée pour d’autres motifs et les actionnaires ont reçu un dédommagement par titre selon une procédure qui concernait l’ensemble des actionnaires dans le monde. Mais de nouvelles informations ont permis de trouver de nouveaux éléments de preuve susceptibles d’impliquer non seulement Monsieur Messier, mais aussi le groupe Vivendi qui risque désormais une condamnation sévère au cas où les dérives seraient prouvées.

Toutefois on peut s’interroger sur le non lieu à poursuivre prononcé par le parquet français en janvier 2009. Car la motivation des faits était la même qu’aux Etats-Unis « informations fausses et trompeuses, manipulation de cours, abus de bien sociaux ». Pire, la société Vivendi a fait preuve d’activisme vis-à-vis des associations de défense de l’épargne en leur demandant des dommages-intérêts exorbitants. Le motif invoqué était que les actionnaires français ne pouvaient ester en justice aux Etats-Unis puisque la justice française avait classé cette affaire sans lui donner la moindre suite. En quelque sorte la procédure doit suivre le sort du marché de cotation. Mais cette opinion pose un problème pour les groupes mondiaux qui demandent des cotations à l’étranger avec un risque de jugements différents pour une même cause. Depuis lors  le groupe Vivendi est depuis revenu sur ses exigences à l’encontre des défenseurs des actionnaires face à la progression du procès aux Etats-Unis. C’est ainsi que chaque jour a apporté de nouveaux éléments. Quand Messier déclare que le groupe n’a aucune dette en 2000, le rachat de Seagram et d’autres sociétés, a gonflé la dette de 12 milliards et le groupe a une dette totale de 27 milliards. L’innovation financière  permet d’intégrer dans les comptes des sociétés détenues à moins de 50% ou de faire remonter les liquidités d’une filiale. En avril 2002 il soutient avoir encore 1,4 milliard d’euros, alors qu’il doit emprunter à la Société Générale plus d’un milliard pour distribuer un dividende. Là encore la distribution d’un dividende fictif est un délit pénal qui aurait du impliquer une action contre Vivendi, mais aussi contre la banque prêteuse (la Société Générale).  Du 15 septembre au 2 octobre, le groupe a soutenu artificiellement le cours de l’action. Il a procédé au rachat de plus de 21 millions d’actions, soit plus de 1,07 milliard d’euros pour soutenir son cours. Ces interventions se sont produites la plupart du temps trente minutes avant la fin de séance boursière, et souvent même quelques minutes avant le fixing qui arrête le cours de l’action pour la séance suivante. Ces achats ont été faits y compris au moment où Vivendi était sur le point d’annoncer ses résultats, période où il est strictement interdit aux sociétés cotées d’acheter leurs actions. Enfin l’abus de bien social pour l’acquisition d’un très bel appartement à New York destiné à recevoir les vedettes d’Universal apparaît pour une somme dérisoire par rapport à l’ensemble de la prédation dont ont été victimes les actionnaires.

Le juge d’instruction Jean-Marie d’Huy vient de prononcer le 16 octobre une ordonnance de renvoi en correctionnelle pour les mêmes motifs que la justice américaine. C’est pour notre pays une façon de ne pas perdre la face vis-à-vis d’une éventuelle condamnation (la seconde) intervenant aux Etats-Unis. Mais la tentative de pression effectuée à l’égard de Colette Neuville (qui assure la défense des actionnaires français) en demandant des dommages-intérêts énormes a fait d’importants dégâts. Il s’agit d’une tentative d’intimidation de témoins ou d’assignataires pénalement répréhensible aux Etats-Unis !

 

 

Les Caisses d’épargne retirent leur plaintes contre Médiapart

Trois semaines avant le début du procès  les douze plaintes déposées par les Caisses d’épargne ont été retirées ! Cet autre feuilleton judiciaire a concerné le journal Médiapart en la personne de Laurent Mauduit qui avait rédigé une série de sept articles dénonçant la gestion du groupe. Il avait enquêté sur les sociétés Natixis, Nexity, CNCE. La Caisse des Dépôts est elle aussi victimes des agissements du groupe dans la mesure où elle a acheté très cher des actions Natixis. Nous nous trouvons au centre d’une affaire où se sont mêlés les gestionnaires publics et privés. En dénonçant les incompétences des uns et des autres, Laurent Mauduit avait irrité, y compris le journal Le Monde. Et pourtant cette enquête annonçait le désastre en cours, désastre qui était la conséquence de montages financiers, dont la suite des évènements devait démontrer la triste réalité. Pour faire taire Médiapart les Caisses d’épargne n’épargnèrent pas le site Internet nouveau né. En le frappant à la caisse, la caisse d’épargne était à son affaire si l’on peut dire. Il s’agissait d’effrayer et de faire taire les gêneurs alors que l’extension progressive de la crise financière démontrait l’authenticité de l’enquête de Laurent Mauduit.

 

Depuis février 2008, cette affaire aura en effet beaucoup occupé Médiapart. Elle aura aussi beaucoup mobilisé la justice et, donc, coûté aux contribuables.

Médiapart a reçu en date du 13 février 2008, sept plaintes simultanées au nom de la CNCE ; puis deux plaintes au nom de Charles Milhaud et deux autres au nom de Nicolas Mérindol, en date du 28 avril 2008 ; enfin, une citation directe au nom de François Pérol, en date du 3 avril 2009. S’agissant de la magistrature, ces douze plaintes ont mobilisé le doyen des juges d’instruction (destinataire des onze premières plaintes avec constitution de partie civile), quatre juges d’instruction différents désignés pour les  instruire !!

 

Ces désistements de dernière minute, après un feuilleton judiciaire de plus d’un an et demi ne laissent pas d’interroger. Nos contradicteurs ont eu en effet tout le loisir, depuis la première plainte déposée le 13 février 2008, de s’assurer de leur détermination à aller en justice. Bizarrement, ils renoncent alors même qu’ils ont en leur possession notre offre de preuve détaillée ainsi que la liste des dix-huit témoins que nous entendions faire citer, ayant pu ainsi mesurer que nous étions déterminés à plaider non seulement la bonne foi de nos enquêtes mais la vérité des faits qu’elles rapportaient. Serait-ce cette détermination de Mediapart et la consistance de nos arguments qui expliquent leur revirement ?

Abus de constitution de partie civile Tout en nous félicitant de cette décision, qui nous soulage d’une

longue procédure mais nous prive d’une victoire, nous nous étonnons que l’on puisse ainsi jouer avec la justice et avec l’opinion. Journalistes et, à ce titre, conscients de notre responsabilité quand nous publions des informations dérangeantes ou sensibles, comment pourrions-nous accepter sans réagir une attitude si cavalière

Extrait de Médiapart du 5 novembre 2009

 

Les tentatives d’intimidation 

En provenance des grands groupes côtés en bourse elles sont inadmissibles et mériteraient une incrimination particulière (entendre des sanctions pénales). Nous sommes en présence de groupes qui ont une puissance considérable pour faire taire leurs contradicteurs. Mais ces groupes ont aussi des salariés qui par la Participation et l’Intéressement sont les victimes  finales des erreurs de gestion. La manipulation du cours, la propagation d’informations fausses, la destruction de ceux qui mènent des enquêtes sont des erreurs stratégiques car elles accroissent l’impression d’une économie casino. Les chiffres sont ce qu’ils sont mais à trop jouer avec on détruit la confiance dans les affirmations des dirigeants. Au final la mauvaise gestion se voit même quand on la cache. Le marché peut à tout moment retirer sa confiance comme on l’a vu dans les affaires Vivendi dont la capitalisation a diminué des deux-tiers et pour Natixis dont la capitalisation a diminué aussi des trois quart. Dans ces deux exemples, la baisse à son paroxysme atteignait les 90% de perte de valeur, ce qui signait le vote du marché bien avant celui des juges.

 

Guy Muller

Par Guy Muller - Publié dans : Le radeau de la Méduse
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Dimanche 25 octobre 2009

La pépinière en octobre

 

La réussite en bourse dépend d’un suivi régulier des valeurs détenues en portefeuille. Il faut analyser régulièrement les secteurs économiques porteurs ou non. On peut gagner si l’on évite les compartiments en danger, surtout après une phase d’excès à la hausse. Comme prévu, la crise arrive, y compris dans des secteurs jusqu’alors épargnés. La dévaluation compétitive du dollar et de la livre auront des effets dévastateurs sur l’économie européenne.

 

Des chiffres d’affaires en net retrait au 3ème trimestre

La consommation en chute libre atteint nombre de secteurs : la publicité, les ventes dans les hyper et supermarchés (y compris pour des produits de luxe), une baisse dans les achats d’automobiles car la propension à acheter des véhicules bas de gamme met à mal les chiffres d’affaires.

 

L’aéronautique sinistrée

Une baisse de fréquentation qui atteint aussi l’aviation civile où là encore le mix produit est de plus en plus défavorable. Les consommateurs regardent de plus en plus le prix et les classes affaires sont désertées. Alors que 7 à 15% des passagers donnent jusqu’à 50% du profit, on voit les dégâts à venir si cette tendance perdure, avec bien sûr une répercussion sur l’ensemble de l’aéronautique. Depuis le 1er janvier 15 compagnies aériennes ont fait faillite. Le marché du fret aérien a chuté de 20%, tandis que le volume du fret maritime a chuté, lui, de 39%. La France a accordé un crédit de 5 milliards d’euros au groupe Airbus pour lui donner un ballon d’oxygène. On peut se demander si ce sera suffisant surtout si l’on tient compte d’une mauvaise qualité du management. C’est qu’EADS a plongé dans l’affaire Clearstream du fait de sa dépendance vis-à-vis de l’Etat. Les taux d’intérêts acquittés par les grandes compagnies américaines tournent autour de 10% avec des pointes à 12%. Ces taux ne peuvent qu’accélérer le nombre de faillites car très supérieurs aux marges des compagnies qui seront encore négatives en 2010, après un 2009 catastrophique.

 

Les télécommunications prochaines victimes ?

De nombreuses décisions contraignent les opérateurs à réduire leurs effectifs en dépit de tout bon sens. Le consommateur est de plus en plus maltraité avec des centres d’appels de plus en plus lointains et incompétents. La diminution des recettes tirées de l’itinérance des possesseurs de mobiles (le roaming) ont diminué de moitié de par des décisions européennes. En France les opérateurs doivent participer au financement de l’audio-visuel public à hauteur de 0,9%, contribuer à la création cinématographique pour 0,3%, payer prochainement une taxe de 1500 euros par antenne. Bientôt des dédommagements devront être acquittés au titre des nuisances dus aux ondes ! Des amendes et pénalités diverses rôdent autour d’opérateurs qui gagnent trop. La gratuité des hot-lines, la demande récente du journal Libération d’exiger un financement de la presse par les opérateurs de télécommunications, montrent des exigences constantes et illimitées. Or l’endettement des opérateurs est rarement regardé par ceux qui taxent. Le prépaiement des portables est à l’origine d’une importante dette, le renouvellement rapide des mêmes appareils, pour suivre l’évolution technologique renforce l’endettement. Il faut s’interroger sur la pertinence d’un modèle où le consommateur n’accepte pas de payer comptant un produit qui lui est donné en leasing. Le même consommateur trouve normal de payer comptant et beaucoup plus cher un ordinateur, une machine à laver ou une télévision.

La dépendance des opérateurs de télécommunications vis-à-vis d’Etats qui continuent à en être les propriétaires par le capital ou par les hommes qui sont placé à la tête d’entreprises (soi- disant) privées par les Etats, rend impossible une défense réaliste d’opérateurs muselés.

Les opérateurs n’ont donc qu’une seule arme : diminuer la concurrence en absorbant et en digérant partout le quatrième opérateur. C’est ce qui vient se passer en Grande Bretagne et qui peut se produire en France. Illiad, SFR ou Bouygues seront croquées un jour par un Allemand, un Anglais ou un Espagnol !

 

La  reprise économique reportée

Il apparait désormais que la reprise économique en cours ne parviendra pas à retrouver le niveau de production antérieur avant 3 ou 4 années. Les pertes de chiffre d’affaires sont telles que la cicatrisation sera longue. Parmi les nouvelles les plus inquiétantes la baisse du CA de Saint Gobain de près de 15%, celles de Schneider pourtant implanté en Asie, de PPR, d’Air Liquide (- 6%), montrent que la reprise tarde à se manifester. L’énergie et les Télécoms résistent mais accusent le coup avec un moins 1 à moins 3%. Or ces secteurs sont de véritables compteurs de l’activité économique.

Par contraste les sociétés qui affichent une progression de leur CA apparaissent comme des miraculées. Notre pépinière en contient heureusement.


Au mois prochain

Guy Muller

 

 

Liste des valeurs

   
           

Valeur

Cours

PE 09

Cours

Plus value

Objectif

 

d'achat

 

actuel

 

cours

CNP

64,97

9

72,05

11%

75

France Télécom

17,1

9

17,8

4%

24

GDF-Suez

29,59

12

29,6

0%

35

Total

39,87

8,5

42,33

6%

45

SES Global

13,5

12

15,99

18%

20

Vivendi

18,87

9

19,7

4%

25

Rallye

21,6

7

24,6

14%

29

Sanofi

47,75

8

52,0

9%

55

Pages Jaunes

7,46

9

8,8

18%

9,9

Neopost

57

12

61,0

7%

65

Progression moyenne

9,2%

L'achat est déconseillé lorsque le cours est proche de l'objectif

 

Par Guy Muller - Publié dans : La Pépinière
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Samedi 17 octobre 2009

La bourse en octobre

octobre 2009

 

Bonjour,


L’emballement haussier des marchés nous donne beaucoup de plaisir mais rend inévitable une question essentielle. A quel moment est-il opportun de vendre ? Il y a six mois nous étions loin d’espérer une hausse aussi importante. En bourse il est difficile de maitriser la situation car nous ne savons jamais rien du futur. D’autant plus que des excès à la baisse comme à la hausse sont amplifiés par des produits hautement spéculatifs, des mécanismes informatiques qui achètent ou vendent, dès lors qu’un niveau donné est atteint par le CAC 40. Si nous ne savons pas lire dans la boule de cristal, il nous reste quand même la possibilité de raisonner. Le dépassement de l’indice 3850 signifie que le marché continue à être haussier. Des capitaux sont en attente d’investissement et les reflux du marché n’ont jamais dépassé les quatre jours. Mais ce rebond trop rapide doit inciter à la circonspection quant à la qualité des titres achetés. Il y a toujours de bonnes occasions qui se révèlent lors de la publication des résultats.

En baisse, il faut se donner des limites, qui sont des limites pour la perte maximale que l’on accepte de décaisser. A la hausse, la difficulté est plus grande, car outre l’allure générale du marché, il faut tenir compte du comportement d’une valeur spécifique. A titre d’exemple une société qui annonce + 25% de chiffre d’affaire, donne plus d’espoir qu’une valeur automobile qui fait – 10%. La régression du CA est en effet difficilement absorbable dans le temps de par les frais fixes. En conséquence la moindre diminution du CA se traduit (sauf exception), par une baisse encore plus forte des bénéfices. Aux données du marché il faut tenir compte d’autres variables propres à la société considérée. En période de hausse comme en période de baisse, les analystes en rajoutent puisqu’ils révisent fréquemment à la baisse puis à la hausse. C’est ainsi que St Gobain et Schneider ont été matraquées avec plusieurs objectifs révisés à la baisse, avant que les analystes reviennent à la hausse cette fois.

Pour ma part je considère que la hausse doit être suivie sans couper ses gains futurs. C’est la raison pour laquelle une limite doit être fixée, mais qui sera relevée si la valeur délivre de bons résultats. A titre d’exemple, j’ai acheté deux valeurs qui ont doublé : Technip et Rallye. Pour Technip, je pense que le maximum est atteint, mis pour Rallye ce n’est pas le cas avec l’annonce de bons résultats en 2009. Surtout le maintien d’un excellent dividende de 1,83 euros constitue une assurance pour l’avenir.

Les banques ont annoncé de bons résultats, d’autant plus qu’elles sont désireuses de sortir des contrôles étatiques en distribuant des bénéfices à leur personnel. Il ne faut pas oublier qu’elles ont pu éviter de constater des pertes immédiates de par l’acceptation d’une nouvelle règle comptable qui rejette la juste valeur immédiate. Mais côté banques, le virus est toujours actif.

-       La dégradation des créances des banques américaines continue avec un taux de défaillance en juillet de 3,14%, 6 fois plus qu’il y a un an,

-      Le taux de défaillances devant atteindre les 5% en fin d’année,

-      Plus de 400 banques américaines sont en difficulté  à ce jour dont le dixième est en faillite,

-      Les biens immobiliers trouvent preneurs certes mais à des niveaux de prix dérisoires (400000 dollars ce qui a été acquis 1 200 000 dollars).

 

Au mois prochain,

 

Guy Muller

 

 

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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Samedi 19 septembre 2009

La Pépinière

septembre 2009

 

Alors que la crise économique est loin d’être terminée, le sentiment des investisseurs a néanmoins changé. D’importantes liquidités sont en attente d’investissement et chacun cherche à accompagner la hausse des cours. Les vendeurs à découvert doivent racheter leurs positions lourdement perdantes, ce qui contribue à amplifier la hausse. Toutefois la méfiance est de rigueur face à un comportement moutonier. La hausse ne peut se poursuivre qu’avec de nouveaux véhicules comportant les grandes valeurs oubliées depuis le début de l’année. Mon choix a donc porté sur des valeurs dont la performance sera supérieure à celui de l’indice CAC.

La nouvelle pépinière comporte les titres suivants : Total, GDF-Suez, France Télécom, SES Global, Vivendi, Neopost, Sanofi, Rallye, Pages Jaunes, CNP. Les achats ont été effectués lors de la première cotation du lundi 25 août.

 

Les raisons d’un choix

Toutes ces valeurs affichaient une importante baisse depuis le 1er janvier 2009 ou étaient en retard  par rapport à l’évolution de la bourse.   

Leur rendement est le plus élevé du marché et une majorité de ces sociétés ont pris la bonne habitude de verser un acompte sur dividende. C’est ce versement qui donne de la visibilité à ces valeurs dans un environnement où les besoins en trésorerie restent importants. La variation dans le temps du dividende intérimaire sera un signal de bonne santé, outre qu’elle donne une excellente image, preuve d’une trésorerie confortable. Rappelons qu’aux Etat Unis les versements de dividendes sont trimestriels, semestriels en Grande Bretagne.

Avec un rendement prévisionnel de 6%, notre sélection n’a besoin que d’une hausse de la bourse de 4% pour avoir un rendement de 10%.

Les ambitions de ce portefeuille sont axées sur un rapport risque/plus value volontairement limité. Même si le marché peut encore progresser de 10%, nombre de secteurs désormais trop chers, rétrograderont vivement dès la connaissance de leurs résultats.

 

De plus amples explications seront données au fil des mois sur les raisons des choix individuels de valeurs.

 

Savourons quand même l’exploit d’une progression des cours supérieure à 10% en 3 semaines. Ceux qui suivent mes préconisations depuis longtemps sont habitués aux gains importants et rapides. Encore faut il savoir déserter le marché et vendre à temps.

 

 

 

 Portefeuille

 

 

 

 

Valeur

Cours

PE 09

Cours

 

Plus value

Objectif

 

d'achat

 

actuel

 

cours

CNP

64,97

9

69,2

7%

75

France Télécom

17,1

9

18,19

6%

24

GDF-Suez

29,59

12

30,63

4%

35

Total

39,87

8,5

41,65

4%

45

SES Global

13,5

12

15,6

16%

20

Vivendi

18,87

9

20,64

9%

25

Rallye

21,6

7

26,1

21%

29

Sanofi

47,75

8

50,0

5%

55

Pages Jaunes

7,46

9

8,8

18%

9,9

Neopost

57

12

63,7

12%

69

Progression moyenne

10,1%

 

 

 

L'achat est déconseillé lorsque le cours est proche de l'objectif

 

 

 

 

 

 

 

Cours de clôture au 18 septembre

 

De 2006 à 2008 les gains suivants ont été réalisés avec des cours de sortie beaucoup plus élevés qu’à ce jour. Les trois dernières années la performance moyenne a été de 45% par an plus les dividendes. L’évolution de certaines valeurs montre une très mauvaise gestion de la part des dirigeants. Souvent trop endettés pour grossir ils ont procédé à des augmentations de capital ou à des émissions d’obligations à des niveaux supérieur à leurs espoirs de rentabilité. Affine qui avait un ANR de 62 euros a désormais un ANR de 30 euros, d’où sa chute. ING, Dexia, ABN ont perdu jusqu’à 90%, avant de remonter, mais pas au niveau de notre prix de vente. Saint Gobain et Nexity ont perdu plus de 50%. Pour voir nos prix de vente :

http://boursitude.over-blog.com/article-25790286.html

 

 

La plus forte hausse :Rallye + 20%

Cette société détient la moitié du capital de Casino. Casino réalise 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires et Rallye capitalise au jour de l’achat 1 milliard d’euros. Rallye est lui-même détenu à plus de 50% par le groupe Euris. Inévitablement la cascade de contrôle sera simplifiée par fusion mère-fille ou fille-mère. Rallye possède Go Sport, Courir, un portefeuille d’actions, une participation dans Mercialys et a une dette de 2,6 milliards. C’est le montant de cette dette qui a fait peur aux investisseurs. Mais en fait Rallye vaut 1+1,6 de dette (diminuée de la valeur des participations)  soit 2,6 milliards pour contrôler 15 milliards de chiffre d’affaires. Le dividende distribué est de 1,83 euros servi en 2 fois.

En conséquence ce titre est une opportunité car Casino réussit à contenir la crise grâce à ses magasins de proximité. La reprise économique aura un effet de levier sur le cours de la fille, profitable à la mère.

Casino pourrait racheter pour 2,6 milliards Rallye et donc la moitié de ses titres en circulation, les annuler et doubler  son bénéfice par titre. Euris peut faire la même chose en supprimant Rallye. Une OPA à +30% est donc possible.

 

 Votre retour en bourse s'est réalisé au bon moment !
Au mois prochain,

Guy Muller

Par Guy Muller - Publié dans : La Pépinière
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Mardi 15 septembre 2009


Le radeau de la méduse
Septembre 2009

La France remet en cause les indicateurs de PNB/PIB

Nicolas Sarkozy a demandé au prix Nobel d’économie Josephe Stiglitz  un rapport dont l’essentiel est publié ce jour. Vous constaterez que plusieurs des indicateurs intègrent ceux du Bhoutan. Le développement doit tenir compte de l’absence d’effets pervers sur l’environnement. Les actes actuellement gratuits doivent être mieux valorisés.

Le Bhoutan au 1er rang mondial des pays du

Bonheur.


Le roi du Bhoutan après quelques voyages en Occident a considéré que nos rythmes de vie étaient destructeurs : compétition entre les individus, absence de solidarité familiale, éloignement des cités et des lieux de travail, consommation énergétique extraordinaire, pollution, dégradation de l’eau… Il demanda en conséquence qu’un autre classement soit effectué et prenne mieux en compte les besoins des individus. C’est l’ONG Frères des hommes qui a tenu le pari de classer les pays non en fonction de leurs déprédations économiques, mais en regardant les intérêts des habitants.

 

PIB, PNB sont des indicateurs devenus obsolètes

La transformation d’indicateurs classiques a pour origine le souhait de privilégier un développement durable. En conséquence le classement des pays selon le PIB serait un classement qui privilégierait un développement économique sans entraves et peu soucieux de la survie à terme de la planète.

Les neufs indicateurs choisis par le Bhoutan sont les suivants :

-      les standards de vie,

-      la santé,

-      l’éducation,

-      la maintenance d’un éco-système non destructeur,

-      une vie culturelle intense et diverse,

-      l’utilisation des richesses naturelles uniquement renouvelables,

-      la bonne gouvernance (sans corruption),

-      la vitalité des communes,

-      une psychologie de bien être (sans psychologues) !

 

L’ONG frères de la terre publie un important document qui modifie l’ensemble du classement international des pays jusqu’alors classés en fonction du PNB. Ce nouveau classement est défavorable à toutes les économies occidentales dont la croissance est entièrement défavorable au développement durable. Notre façon de croître est destructrice à terme de la vie sur la terre.

 

 

Sarkozy exhorte le monde à se doter de nouveaux outils de mesure économique :

 

 

Après les bonus, Nicolas Sarkozy a enfourché lundi un nouveau cheval de bataille pour "la construction d'un nouvel ordre économique, social, écologique mondial", avec la création de nouveaux outils de mesure économiques conformes aux conclusions de la commission présidée par le prix Nobel d'Economie Joseph Stiglitz. Cette dernière a mis en lumière les limites "du PIB en tant qu'indicateur des performances économiques et du progrès social", prônant la mesure du bien-être.

La commission Stiglitz, mise en place en février 2008 à la demande de M. Sarkozy, a rendu lundi matin son rapport au chef de l'Etat. Elle a planché durant un an et demi sur "la mesure des performances économiques et du progrès social". Elle suggère notamment que le système statistique "mette davantage l'accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique".

Le rapport établit une distinction entre "évaluation du bien-être présent et évaluation de sa soutenabilité, c'est-à-dire de sa capacité à se maintenir dans le temps", nécessitant "un ensemble d'indicateurs bien définis". Si elle ouvre des pistes, la commission estime avant tout que son rapport n'est que le point de départ pour un débat au niveau national et international.

Dans un discours prononcé en ouverture d'un colloque à la Sorbonne, M. Sarkozy s'est montré déterminé à imposer ses conclusions lors des grandes rencontres internationales. "Le débat sur les conclusions de ce rapport, la France l'ouvrira partout. Elle le mettra à l'ordre du jour de toutes les réunions internationales, de toutes les rencontres, de toutes les discussions qui ont pour objectif la construction d'un nouvel ordre économique, social, écologique mondial", a promis le président de la République.

"La France se battra pour que toutes les organisations internationales modifient leurs systèmes statistiques en suivant les recommandations de la commission" Stiglitz, a ajouté M. Sarkozy exhortant aussi ses partenaires européens à "donner l'exemple". "Et si l'Europe montrait le chemin plutôt que de le suivre? Quelle innovation!", s'est-il exclamé.

Les photographie du Bhoutan qui accompagnent cet article sont à voir dans la galerie de photos.
Elles ont été réalisées par Monsieur Gilbert Fournier qui a rélisé un reportage sur place.

Par Guy Muller - Publié dans : Le radeau de la Méduse
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Dimanche 23 août 2009


La rentrée à la Bourse

septembre 2009

 

Le rebond de la bourse correspond à une remontée technique qui s’appuie sur les valeurs les mieux implantées à l’International. La diversification mondiale des activités donne aux plus grandes entreprises une capacité de réponse à la crise. Toutefois l’investisseur oublie rapidement qu’il revient adorer des secteurs renfloués par les Etats. Les banques et l’automobile paraissent hors d’eau, alors qu’elles doivent leur résurrection aux contribuables.

Les perspectives économiques sont toujours aussi sombres avec la montée continue du chômage. Aux Etats-Unis, la semaine dernière, les inscriptions au chômage ont progressé à 576 000 demandes. Les entreprises entament toutes d’importants plans de destruction d’emplois, y compris dans les services. Le nombre de faillites a continué de croître de + 38% au 2ème trimestre avec 381 000 procédures nouvelles. Pour l’ensemble de l’année 2009 les milieux économiques s’attendent à plus de 1,2 millions de faillites. Ces faillites comprennent bien évidemment les colosses General Motor et Chrysler.

 

La société Téléperformance qui marche très bien continue à supprimer des emplois en France pour délocaliser. Les loisirs et le tourisme prennent la récession de plein fouet. Air France après avoir diminué sa voilure à 4% doit envisager une chute de trafic de 8% et envisage la suppression de 4500 emplois. Le nombre d’heures supplémentaires travaillées a d’ailleurs baissé en volume de 10% par rapport à l’année dernière. Les secteurs les plus affectés sont la métallurgie, les transports, l’équipement électrique dont le retrait dépasse les -30%.

La consommation flanche dans tous les secteurs : distribution, énergie, péages autoroutiers, immobilier (- 47% pour les mises en chantier).

En Europe la progression du chômage prolongera les effets de la crise.

 

L’économie ne connaît pas la morale

On le constate avec les banques qui sortent souvent mieux armées en ayant digéré les banques les plus faibles. Le cas de la BNP est éloquent, puisque ses bénéfices sont dopés par l’achat de la banque Fortis, et qu’il devient possible d’afficher d’importants bénéfices. Sauf qu’une grande partie du système bancaire a disparu et qu’il reste moins d’opérateurs…

Toutefois certains pays ont exercé d’énergiques pressions sur les banques des pays off-shore. L’administration américaine vient à bout du refus par l’UBS de donner les identités des fraudeurs. C’est ainsi qu’une première liste de 5 000 noms a été communiquée. Les sanctions sont de 40% de l’actif en cas de reconnaissance de la fraude et de 80% pour les récalcitrants. Le Trésor devrait encaisser 4 milliards de dollars. Plusieurs pays sont sortis de la liste noire mise au point par le G20.

En dépit de ces progrès les banques en bonne santé remboursent le plus rapidement possible les prêts des Etats afin de pouvoir distribuer bénéfices et bonus. Tout se passe comme si la crise était terminée. Or la bonne santé actuelle ne doit pas faire illusion car elle trouve son origine dans des taux d’alimentation historiquement faibles de 1%. La modification des normes de juste valeur a permis de cacher la poussière sous les tapis, mais de nouvelles pertes apparaîtront.

 

La Bourse : idées d’investissement

En dépit de la hausse des cours de 12% depuis le début de l’année et après 23% de chute au plus bas, ma principale préoccupation est de constater l’importante diminution des volumes échangés. Les acheteurs peuvent donc faire leur marché après la désertion de plus d’un million d’actionnaires échaudés par les fluctuations de cours et les mensonges des dirigeants. Les nombreuses augmentations de capital qui ont eu lieu attestent des erreurs commises dans le management des sociétés. L’endettement trop visible a du être diminué d’urgence au prix souvent de l’émission de nouveaux titres qui dilueront les bénéfices futurs.

 

Le marché a commencé à faire son tri en exacerbant en hausse ou en baisse les résultats connus des sociétés. Nombre de valeurs sont devenues chères leur cours rejoignant rapidement leur ANR dans le cas des immobilières. Tout se passe comme si les dépréciations étaient terminées ! Ce sont désormais des cours de fin de crise alors que la crise immobilière est en cours. Le secteur des jeux, celui de la navigation de plaisance sont en revanche pleinement impactés par d’énormes baisses de chiffres d’affaires. C’est donc au prix d’une grande sélection que le risque boursier sera diminué. Il ne peut l’être en totalité surtout dans la période à venir d’où l’importance des diversifications au sein d’un portefeuille. Les spécialistes du marché que sont certains holdings montrent que de nombreux investissements se sont réalisés au plus haut pour les groupes Eurazeo et Wendel.

Les belles valeurs ont rejoint les niveaux d’avant la crise : Air Liquide, Essilor, L’Oréal, LVMH. Mais avec des PER de 18 en moyenne il n’y a guère à espérer. Il faut regarder du côté des valeurs qui ont des PER à moins de 10 pour obtenir un espoir fondé plus value dans le temps. Parmi ces valeurs il faut tenir compte de l’importance des dividendes versés et favoriser celles qui paient en deux fois. L’acompte sur dividende est un signe de bonne santé et d’excédent de trésorerie.

 

 L’évolution ultérieure de la bourse suppose un rattrapage des défensives. Les valeurs cycliques, sont elles, devenues beaucoup trop chères. Elles seront impactées durement lorsque leurs résultats annuels pour 2009 seront connus.

Les valeurs défensives sont toujours en retard alors qu’elles maintiennent bien leurs bénéfices. Les valeurs énergétiques sont très en retard par rapport à la remontée du pétrole : GDF-Suez, Total. D’autres services (les utilities) sont en retard : France Télécom, Vivendi, SES Global, Vinci, Néopost, Pages Jaunes. A l’intérieur de certains secteurs certaines valeurs sortent du lot par leur spécificité, c’est le cas dans les loisirs de Pierre et Vacances qui aura bien profité de la proximité de ses sites. Sanofi sort aussi du lot car les pharmaceutiques sont à l’écart de la crise.

 

La pépinière

Si la bourse a progressé de 12% en moyenne, les valeurs défensives sont en retrait, car n’ayant pas bénéficié de la montée du marché. En conséquence nous pouvons acheter moins cher qu’en janvier. Nous savons aussi que ces titres ont une excellente visibilité en ce qui concerne leurs bénéfices futurs. Chaque valeur représente 10% de la valeur globale de l’investissement. Le moteur de notre choix est le rendement, supérieur à 6%. Ce retour en Bourse mobilisera la moitié des liquidités afin de permettre des investissements ultérieurs.

 

Nos achats portent sur les titres suivants : Total, GDF-Suez, France Télécom, SES Global, Vivendi, Neopost, Sanofi, Rallye, Pages Jaunes, CNP. Ils seront réalisés au prix du marché.


Bonne rentrée à tous,

Guy Muller

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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Samedi 11 juillet 2009

La bourse en juillet

Juillet 2009

 

 

La croissance en racine carrée

La bourse serait un investissement facile si l’évolution de l’économie était prévisible. Les journaux économiques se perdent en vaticinations sur la nature de la crise actuelle. On parle alors de sortie de crise en V, en U, en W, qui sont des extrapolations sur la configuration des futurs graphiques de sortie de crise. Or des économistes réunis récemment à Aix en Provence ont élaboré un nouveau schéma dit en racine carrée. La sortie de crise ne permettrait pas de rattraper le niveau de production antérieur. Ces économistes se basent sur plusieurs constats :

-         la poursuite des délocalisations,

-         la hausse du chômage et baisse de la consommation,

-         la propension des entreprises à chercher à diminuer leurs coûts,

-         des secteurs économiques en perdition à la recherche d’une refondation (obsolescence du modèle de fabrication, attentes différentes des consommateurs, manque d’envie de consommer)

La sortie de crise en racine carrée est aussi par sa durée, porteuse de changements brutaux de comportement, riche de crises sociales. Le niveau d’endettement des Etats posera inéluctablement le problème de l’accroissement de la fiscalité. Avec une crise durable le partage actuel de la richesse peut aussi être remis en cause.

 

L’évolution de la bourse au 1er semestre 2009

Après une chute de l’indice de 22% et une remontée à + 6%, nous en sommes à un retrait de 7%, ce qui justifie mon retrait du marché. Les nouvelles à venir sont encore très sombres car la récession va marquer durablement les entreprises. Dans une récente étude, la société Oddo, vient d’élaborer ses perspectives économiques pour les MIDCAP (valeurs dont l’évolution a été supérieure à celle du CAC 40). La décroissance des chiffres d’affaires passerait de – 6,5% à - 7,1%, entre le premier et le second trimestre 2009. La marge des 93 sociétés étudiées baisserait de plus de 35%. Même si le second semestre connaissait une amélioration, la baisse des bénéfices, serait importante en 2009. Pour redresser la barre les chefs d’entreprises agiront en diminuant leurs coûts salariaux au cours de la deuxième partie de l’année. Il en résultera une montée en flèche du chômage au détriment de la consommation. Le risque de l’économie est bien désormais d’un auto entretien de la dépression. Si l’on regarde du côté des Etats-Unis, les derniers chiffres sont alarmants, avec une progression du chômage en juin, de nouvelles faillites d’entreprises et de banques.

L’ensemble des signaux d’alerte actuellement connus repousse à nouveau de 6 mois l’éventualité d’une sortie de crise.

Une fenêtre d’investissement en bourse apparaîtra seulement après une nouvelle régression des cours. L’abstention s’impose donc !!

 

Même les valeurs défensives sont en train de toucher leurs plus bas niveaux de l’année : Total, Vinci, GDF, France Télécom, Vivendi.

 

Vivendi : nouveaux risques

La baisse de l’action Vivendi, son excellent rendement ont attiré l’attention des analystes qui ont vivement recommandé l’achat du titre. Ce choix n’était pas mauvais en tenant compte des informations alors connues sur cette société. Toutefois, il faut constater que ce champion de la communication fait peu pour communiquer et informer ses actionnaires, ce qui a pour conséquence une chute importante de son cours depuis le 1er janvier (-28%).

 

Historiquement, il faut rappeler que Vivendi avait de nombreux atouts lors de la dérégulation des télécommunications en France. Ces atouts ont été dilapidés dans des prises de participations qui ont détruit sa capitalisation boursière. Alors que Vivendi avait un poids égal à celui de France Télécom en chiffre d’affaires il y a 12 ans, sa capitalisation n’en représente plus que la moitié. Si l’on compare le nombre d’abonnés, France Télécom en possède 4 fois plus, que l’ensemble constitué par SFR et Maroc Télécom.. A ce jour, Vivendi est un conglomérat, dont les piliers sont détenus par Vodafone, Lagardère, etc. Il en résulte une décote croissante bien que ses actifs soient intéressants : Canal +, Maroc Télécom, SFR.

 

 

Mais ce qui va à l’encontre de cet investissement, c’est que Vivendi n’a jamais voulu ou pu consolider ses prises de participation historiques. Cette société agit comme si elle se défiait de ses choix stratégiques antérieurs. Toujours à la recherche d’une nouvelle diversification elle déconcerte sans cesse ses actionnaires. L’achat de 9Télécom a été chèrement payé, tout comme les investissements dans Universal (disques et vidéos) dont le chiffre d’affaires a été rongé par le piratage.

Or l’endettement de Vivendi, déjà important, risque d’augmenter encore. Ce sont les perspectives d’achat de l’opérateur Koweitien Zain qui sont à l’origine de la nouvelle baisse des cours. Bien que Zain soit une très belle affaire avec 60 millions d’abonnés en Afrique, son prix de vente serait hors des possibilités de Vivendi. Vivendi cherche aussi à se renforcer dans Canal, dans SFR… Autant dire que la dette actuelle de 8 milliards ne pourrait qu’augmenter, sûrement au détriment de la distribution aux actionnaires. Inéluctablement les actionnaires devront secourir un Vivendi empêtré dans une énorme dette et verront une nouvelle fois leur participation diluée par une augmentation de capital massive.

 

Dans tous les cas de figure, une nouvelle dégradation de la notation de Vivendi, accroîtrait le coût de sa dette. Nous nous retrouvons donc en présence du même syndrome que celui rencontré par France Télécom il y a un an. Rappelons que France Télécom avait voulu absorber l’opérateur suédois Télia. Le marché avait alors infligé à cet opérateur une dégringolade de son cours de bourse qui avait eu pour conséquence un renoncement à l’absorption envisagée.

Bonnes vacances à tous,

 

Guy Muller

 

 

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Mercredi 1 juillet 2009

Radeau de la Méduse

juillet 2009

 

La lutte contre la délinquance financière est en régression

Cette information du journal « Le Monde » en date du 24 mai ne peut qu’inquiéter. Car la délinquance financière détruit la confiance des épargnants. Depuis plusieurs années elle se développe rapidement avec un taux de croissance de + 10% par an. Or le nombre d’instructions confiées aux juges d’instruction du pôle financier est passé de 88 à 21 entre les années 2007 et 2008. Cette délinquance a des conséquences massives en ce qu’elle inflige d’importantes pertes à ses victimes. Son impact ruine la confiance et son essor confirme la piètre considération de nos concitoyens vis-à-vis de la chose politique.

Le dernier rapport de Transparency International traite de la corruption et de son importance. La France y perd chaque année des places. Avec un 23ème rang notre pays est tiré vers le bas de par certains « alliés » de l’Afrique. Nos protégés figurent en bas de classement et l’affaire Elf nous avait parfaitement informé sur les rétro commissions ristournées aux partis politiques. Car les corrompus récompensent leurs corrupteurs en les intéressant à due proportion des sommes versées !! Les rapports de la France et de l’Afrique ont toujours été complexes et deviennent rapidement le terrain d’actions souterraines protégées par l’intérêt de l’Etat, couvertes par le secret défense et autres dispositifs. Eva Joly a écrit dans ses mémoires tous ces aspects de la délinquance financière qui aggravent la différence de traitement entre délinquants petits ou grands. Depuis lors nous avons connu de nouvelles affaires avec Kerviel et Madoff.

Le pôle financier parisien est en cours de démantèlement et la suppression du juge d’instruction laissera l’opportunité de la poursuite au seul procureur. On comprend bien l’intérêt de ce système qui permet d’éviter un affrontement entre parquet et juge d’instruction lorsqu’il s’agit d’enquêter sur les biens détenus en France par quelques potentats africains. L’ennui c’est que l’impunité accordée à certains naufrageurs de l’épargne constitue bel et bien une atteinte au principe d’égalité. Il faut ici rappeler que Vivendi Universal a été condamnée par des juges américains et non par des juges français. L’affichage de chiffres d’affaires gonflés, la diminution fictive de la dette, l’amélioration fictive des bénéfices ont permis de léser des dizaines de milliers d’actionnaires, sans que l’auteur de ces tromperies ne soit inquiété en France. Il a d’ailleurs repris des activités de consultant essayant de léser une nouvelle fois la société Maurel et  Prom lors de la vente des actifs de M’Boundi.

En refusant d’accepter la possibilité d’exercer une « class action », notre pays accroît les protections des délinquants financiers au détriment des épargnants et de la confiance qu’ils peuvent accorder à notre système. En matière de délits économiques ou de délits portant sur la consommation le préjudice est souvent plus faible que les frais d’une procédure judiciaire. Refuser un regroupement des personnes lésées c’est les laisser seules en face d’individus retors, largement informés des lenteurs de la justice et de ses procédures.

Au-delà des affaires financières, la volonté de s’inspirer du modèle anglo-saxon en matière de procédure et de recherche des preuves, témoigne d’un recul du service public de la justice. Pour faire déboucher une accusation le rôle des détectives privés met la charge de la preuve sur le dos des victimes. En conséquence toute la frange de la population qui dépend de l’assistance judiciaire gratuite ne trouvera pas les moyens d’avoir une défense correcte.

 

Médiapart et Laurent Mauduit contre Natixis

C’est la justice qui est appelée à trancher sur le différend qui oppose le site Médiapart aux Caisses d’Epargne et aux Banques Populaires, sur fond d’enquête concernant la création de la banque Natixis. Laurent Mauduit  a mené une enquête sur les conditions de la fusion entre les deux réseaux de banques mutualistes, il est inquiété par le dépôt d’une douzaine de plaintes. Or les pertes de Natixis, la création de cette banque par François Pérol, lorsqu’il travaillait pour la banque Rotschild, présentent toutes les caractéristiques d’un scandale d’Etat.

Les faits présentés par Laurent Mauduit dans une série de 7 articles présentent la façon dont Natixis a accumulé d’énormes pertes au préjudice de ses sociétaires et clients. Ce sont 7 millions de sociétaires, 30 millions de clients qui devront directement ou indirectement apurer des pertes dues à une structure créée dans une optique d’ingéniérie financière par des personnages loufoques. Comme cette affaire n’en est qu’à ses débuts, qu’elle met en valeur des personnages qui vont et viennent de la sphère privée, à la sphère publique, puis qui reviennent à la case départ, on comprend qu’il faut beaucoup de travail pur mettre en valeur les phases d’une saga. Les pertes de Natixis n’en finissent pas de croître au fil des trimestres.

Je cite le responsable de Médiapart. "Les plaignants, et c'est évidemment leur droit, entendent faire, à travers Mediapart, le procès d'un certain journalisme. De notre côté, nous ne nous contenterons pas de relever ce défi en démontrant le sérieux de notre enquête, la vérité des faits rapportés et la bonne foi de nos méthodes. Nous défendrons certes la nécessité d'un journalisme d'enquête au cœur du monde opaque de la finance, de ses liens incestueux avec le monde politique et de l'irresponsabilité qu'il s'arroge à l'abri de ses protections multiformes. Et nous le ferons en plaidant l'extrême légitimité démocratique du but poursuivi par nos investigations, leur nécessité non seulement pour l'information du public mais aussi pour la préservation des biens collectifs – ici, l'épargne populaire. En d'autres termes, nous ferons, à travers le cas emblématique des Caisses d'Epargne, le procès du capitalisme financier, de ses impostures et de ses dissimulations, de ses aveuglements moraux et de ses ravages sociaux."

Je rappelle que l'investissement en bourse est toujours suspendu en attendant une clarification des perspectives économiques.

Bien cordialement à tous,

Guy Muller

 

 

Par Guy Muller - Publié dans : Le radeau de la Méduse
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Dimanche 14 juin 2009

Le commentaire du mois

juin 2009

 

L’investissement en bourse est devenu dangereux car les autorités politiques ont tout intérêt à valoriser les bonnes nouvelles et à taire les mauvaises. Parmi les éléments qui ont conduit le marché ces derniers temps, l’espoir d’une reprise rapide des économies, a été démenti par de nombreux chiffres. Tous les mois, l’objectif de régression économique a été revu à la baisse. En conséquence, presque toutes les entreprises, verront leurs bénéfices diminuer en 2009. La diminution du PIB sera en Europe de l’ordre de 4,5% et de plus de 3% en France. Or la diminution des bénéfices est toujours supérieure à celle du chiffre d’affaires, à cause des frais de structure.

 

Ce qui me conduit à être toujours pessimiste, c’est l’ampleur des appels au marché réalisés non seulement par le secteur bancaire qui doit impérativement retrouver de bons ratios de solvabilité, mais aussi par de nombreuses sociétés. Faut-il rappeler que les banques et l’automobile ont été recapitalisés en premier. Le mouvement se poursuit. Ces sociétés appartiennent d’ailleurs à tous les secteurs et leurs recapitalisation rapide démontre de nombreuses erreurs de gestion. Tour à tour des expansions menées trop vite ont conduit de nombreux PDG à mettre en cause la solidité de leur bilan. La liste est longue des Klépierre, St Gobain, Lafarge, Pernod Ricard, Danone, dont l’expansion d’hier a du être consolidée rapidement. Non seulement des augmentations de capital importantes ont été réalisées, mais les dividendes ont souvent été diminués, sans compter un intense recours à l’emprunt obligataire. Mais lorsque l’on connaît le niveau des taux (autour de 8%), on comprend que le recours à l’augmentation de capital soit moins onéreux.

 

Venir très rapidement sur le marché n’est pas une erreur, car les premiers servis, obtiennent une garantie de survie et la possibilité d’investir ailleurs. Ces entreprises seront donc les premières à bénéficier d’une reprise. Car le mauvais chiffre de l’investissement prévisionnel des entreprises en 2009, chute de 10%. Il indique un très faible niveau de confiance des sociétés sur la prochaine reprise.

 

Pour ceux qui sont restés en bourse, le secteur des télécommunications vient d’être à nouveau touché par les mauvais résultats du groupe Bouygues, dont tous les compartiments sont atteints par la dépression. Non seulement la construction va mal mais TF1 et les télécommunications, connaissent une diminution du chiffre d’affaires. L’évolution du cours de bourse de Vivendi et France Télécom a aussi évolué en baisse. Les plus bas sont atteints après les détachements de coupons pour tout le secteur en Europe. Les investisseurs réservent un mauvais sort aux valeurs défensives (GDF-Total)* pour favoriser les valeurs cycliques. Or les cycliques ont des price earnings  déjà trop élevés ! Ainsi, la moyenne des PER des banques est à 10 ce qui est en contradiction avec les pertes à venir.

 

Au contraire des Etats-Unis qui ont massivement investi pour permettre une reprise rapide, l’Europe s’est contentée de faire la moitié du chemin avec 5% de déficits publics contre 10% aux Etats-Unis. En conséquence elle sortira plus lentement de la crise. L’Europe a manqué le coche de l’investissement programmé dans quelques secteurs de pointe ce qui la prive d’une ambition affichée.

 

Je sais que nombre d’entre vous ont le désir d’investir sans tenir compte du risque. Les chiffres d’affaires des sociétés communiqués à l’occasion du deuxième trimestre et qui seront accompagnés des résultats semestriels permettront d’avoir une idée sur l’ampleur de la crise. L’augmentation du nombre de chômeurs aura aussi une conséquence défavorable sur la consommation. Les cours des valeurs s’ajusteront en conséquence sur les résultats et les valeurs défensives révèleront leurs caractéristiques, dont celui de rendements exceptionnels*. L’importance des dividendes distribués en 2010 par ces valeurs fera la différence avec la régression des dividendes distribués par les valeurs cycliques.

 

Bien cordialement à vous.
 

*la liste des valeurs défensives est la suivante : France Télécom, Vivendi, SES Global, Total, Rubis, Néopost, GDF-Suez, Sanofi, Vinci, Suez environnement.

 

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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Lundi 11 mai 2009

Le commentaire du mois

Mai 2009

 

Après une très longue période de baisse le marché vient de remonter. Cette situation est compréhensible mais dangereuse car elle incite à venir sur un marché qui est loin d’être assaini. La hausse a été la plus forte sur des valeurs qui avaient perdu 80 à 90% de leur valeur : automobile, banques, immobilier. Mais cet emballement haussier technique se réalise en dépit de l’accumulation de mauvaises nouvelles sur le front économique.

Comme l’économie c’est aussi de la psychologie, le sentiment d’amélioration de la conjoncture a été propulsé par les conférences internationales et par les politiques. Au fond après le vent de pessimisme intense connu depuis septembre 2007 et 17 mois de baisse des marchés, le temps de l’optimisme vient d’accompagner la hausse pendant deux mois. Cette période est toutefois bien brève pour valider un retournement au plan économique. L’optimisme actuel doit compter avec les réalités économiques.

 

La production industrielle continue à régresser

En France. Le premier trimestre 2009 voit la récession s’amplifier avec un très mauvais mois de mars à – 1,4%, ce qui porte la régression à – 6,9% sur le trimestre. Cette régression est plus forte que celle du dernier trimestre 2008. La contraction devrait se poursuivre au deuxième trimestre 2009.

En Europe. Alors que le quatrième trimestre 2008 avait enregistré une régression de – 1,6%, soit 6,2% sur l’année, le premier trimestre 2009 est à – 2% (Allemagne – 3%).

Aux Etats-Unis. Sur les quinze derniers mois quatorze ont affiché une baisse de – 12,8% sur un an. Aussi même en cas de reprise économique  les Etats-Unis partiront de plus bas que l’Europe. En témoigne l’effondrement industriel de son économie. Le taux d’utilisation des capacités industrielles vient de descendre à 69,3% sur le dernier mois connu. Les optimistes espèrent un – 68,8% le mois suivant.

 

L’augmentation rapide et continue des chiffres du chômage dans le monde entier ne peut que rendre sceptique sur une progression de la consommation.

 

Les banques sous transfusion comptable

La modification du calcul des règles de juste valeur commence à être connue. Elle généralise un climat de méfiance sur le sérieux des bilans des banques :

http://boursitude.over-blog.com/article-27659386.html


Selon le FMI. Les dépréciations d'actifs toxiques au sein des banques et institutions financières aux Etats-Unis, en Europe et au Japon pourraient atteindre 4.100 milliards de dollars (3.170 milliards d'euros) au niveau mondial, fait savoir le Fonds monétaire international. C'est la première fois que le FMI inclut dans ce calcul des estimations de pertes sur crédits sur de la dette émise au Japon et en Europe, depuis le début de la crise financière internationale en 2007.

Le FMI table désormais sur une dépréciation des actifs émis aux Etats-Unis atteignant $2.700 milliards, bien plus que les $2.200 milliards prévus encore en janvier. Cette évolution traduit une détérioration marquée de la situation, principalement entre octobre et janvier. Les banques devraient subir l'essentiel de ces dépréciations. Le FMI prévoit que celles liées à des prêts et à des titres détenus par les banques pourraient avoisiner $2.800 milliards, et qu'environ un tiers a déjà été déprécié. Selon le Fonds, les banques américaines ont déprécié déjà pour environ $510 milliards d'actifs et devraient encore en déprécier près de $550 milliards dans les deux ans à venir.

Dans la zone euro, les dépréciations d'actifs ont totalisé $154 milliards et $750 milliards de plus pourraient intervenir d'ici 2010. En Grande-Bretagne, les pertes sur crédit des banques ont atteint $110 milliards et $200 milliards supplémentaires devraient être annoncés d'ici 2009-2010, selon le FMI.
 

Les stress-tests négociés en baisse

Etats-Unis. Les grandes banques américaines auraient négocié avec les autorités les résultats de leurs« stress tests », leurs tests de résistance à un approfondissement de la crise, affirme, samedi 9 mai, le Wall Street Journal sur son site Internet.

Rendu public jeudi 7 mai, ce bilan de santé des banques de Wall Street, censé évaluer les montants des recapitalisations (auprès des marchés ou de l’Etat) qu’elles devront encore consentir pour surmonter la crise, avait de fait surpris par sa relative modestie. Il indiquait que les dix-neuf plus grandes banques américaines pourraient encore perdre 600 milliards de dollars avant la fin 2010 si la récession s’approfondissait. Pour surmonter ce scénario, dix d’entre elles allaient devoir renforcer leur capital pour un total de 74,6 milliards de dollars.

Certains économistes, se montraient pourtant beaucoup plus pessimistes, estimant que le système financier américain était au bord de la faillite. Le résultat de la négociation entre les banques et la Réserve Fédérale se traduit par une nette diminution de besoins des banques par rapport à ce que le FMI avait donc évalué.

France. On apprend le 11 mai que le Crédit Agricole a décidé de ne pas déprécier sa participation dans la banque italienne Intesa Sao Paulo. C’est une économie d’un milliard d’euros qui est ainsi réalisée au détriment de la vérité comptable. En conséquence le Crédit Agricole pourra afficher un bénéfice au premier trimestre.

Le même jour, le successeur de Daniel Bouton à la tête de la Société Générale, annonce qu’il procèdera à une analyse des investissements réalisés par son prédécesseur. Gageons qu’il trouvera des ossements dans les placards…

 

En conclusion la psychologie optimiste se heurtera rapidement au mur des réalités. Il faut augmenter ses liquidités en profitant de la hausse.

 

Guy Muller 

 

 

 

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La crise s'amplifie

Depuis septembre 2007 je conseille de rester à l'écart du marché. Ce retour en bourse de septembre 2009 anticipe de meilleurs résultats économiques.

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