Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 19:15

Le radeau de la Méduse en Mai

Vous êtes de moins en moins nombreux à posséder un portefeuille en gestion directe. Cette évolution a deux causes :

 Les besoins des Etats exigent l’émission à jet continu d’obligations, pour couvrir le déficit budgétaire,

La suppression des enveloppes défiscalisées et l’augmentation continue des prélèvements fiscaux.

Ces mesures interviennent dans une ambiance désastreuse où l’investisseur est accusé de vivre aux crochets de la société. Même s’il a perdu dans son investissement depuis dix ans, même si l’inflation n’est jamais prise en compte pour diminuer sa fiscalité.

On en vient à répandre l’idée que le spéculateur existe chez ceux qui ont vu leur épargne baisser de moitié ou plus. Oui, les actionnaires des plus belles sociétés sont loin d’avoir gagné quoi que ce soit ces dix dernières années. Dans certains cas ils ont presque tout perdu : Natixis, Crédit Agricole, Air France, GDF, EDF, France Télécom, Vivendi, Axa, Total, Peugeot, Véolia, Suez environnement, Carrefour, Havas, TF1. Certaines sociétés ont complètement disparu : Thomson, Alcatel, Arcelor. Il serait intéressant de comparer l’évolution des cours de bourse avec celle des rémunérations des dirigeants de ces entreprises naufragées par des incompétents.

Le problème que pose l’absence d’investissement a sa résultante en terme d’emploi. Notre pays a besoin d’une règle claire et stable en matière de fiscalité. Or le gouvernement précédent a modifié chaque année les taux d’imposition +40% pour la seule CSG !!

Nous ne regretterons pas le départ d’une équipe qui s’est offert le luxe de préempter la fiscalité pour les mois où elle ne sera plus aux affaires. Merci donc pour la hausse de l’impôt sur les bénéfices majoré de 5%, comme pour l’augmentation de 2% de la CSG sur les revenus de loyers, d’actions, d’obligations, les plus-values mobilières et immobilières,  avec la hausse simultanée du prélèvement libératoire. La plupart de ces hausses seront mises en œuvre au 1er juillet 2012. Elles auront un effet récessif dans le deuxième semestre de l’année.

L’Europe est un radeau sans pilote

Rien n’a été réglé pour la Grèce, ni pour aucun des pays qui ont entrepris des politiques économiques visant à réduire leur déficit. Pire ces déficits ont augmenté pour atteindre 90% en moyenne du PIB annuel.

Les banques reviennent au cœur de la crise avec les difficultés rencontrées par le Crédit immobilier et par Dexia. Trois états : Belgique, Luxembourg et France ont accordé une garantie folle de 90 milliards d’euros à Dexia. La France sera la plus concernée par la faillite assurée de Dexia. Par ailleurs nous avons apporté une garantie de 21% au rachat des emprunts d’état. Dans les mois à venir notre dette explosera sous l’effet de garanties multiples accordées hors bilan. Alors que la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont séparé les activités de dépôt et d’investissement des banques, rien n’a été entrepris pour réduire ce risque en Europe.

Des dérives inacceptables

Le déficit du commerce extérieur donne une idée exacte de la désindustrialisation du pays, selon les chiffres du ministère des finances :

2000 : excédent 2 milliards
2001 : excédent 2.9 milliards
2002 : excédent 10 milliards
2003 : excédent 1.15 milliards
2004 : déficit 6 milliards
2005 : déficit 24 milliards
2006 : déficit 29.2 milliards
2007 : déficit 39.2 milliards
2008 : déficit 57 milliards
2009 : déficit 43 milliards
2010 : déficit 51.1 milliards
2011 : déficit 69.6 milliards

Le couple franco-allemand a aggravé la situation

Il a marginalisé l’ensemble des pays en créant un directoire de fait qui a imposé ses vues. Ce duo franco-allemand, replié sur son autisme, s’est refusé à travailler avec les organes de la commission européenne.

Il faut se frictionner les yeux lorsque en découvrant la déclaration suivante de Monsieur Barroso de mardi dernier : « Il convient toutefois de commencer d'abord par mettre en œuvre les projets déjà dans les tuyaux au plan européen mais qui restent en souffrance. » "De nombreuses propositions (de la Commission) sont sur la table et attendent le feu vert des Etats membres et du Parlement. Même si le retour à une croissance prendra du temps, on pourrait atteindre un tournant à la fin de l'année si les bonnes décisions sont prises maintenant", indique ainsi un document de la Commission.

M. Barroso a rappelé les principales propositions présentées par ses services depuis plus de deux ans pour stimuler l'activité sur le Vieux continent et qui souvent peinent à se concrétiser.

 

Guy Muller

 


Par Guy Muller - Publié dans : Le radeau de la Méduse
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 11:42

La bourse en mai


En dépit d’une accélération des mauvaises nouvelles, la bourse s’est brutalement reprise, amorçant une nouvelle étape de hausse.

Cette reprise peut s’appuyer sur les bons résultats publiés par les sociétés.

Des recettes fiscales dépressives

Au plan économique pourtant il n’y a pas lieu de se réjouir. Le chômage progresse encore partout pour dépasser ses précédents records en Grèce, Espagne, Italie et France. Les mesures prises pour diminuer les soutiens à une politique sociale, la diminution des salaires et des retraites, diminuent les recettes des Etats. En France, de nombreuses mesures vont préempter la croissance car leurs effets sont différés dans le temps : au 1er juillet : CSG, plus-values immobilières et mobilières ; au 1er octobre TVA sociale ; blocage des ajustements du barème de l’impôt pendant au moins deux ans. Le report dans le temps de l’augmentation des recettes montre un manque de courage politique. La rigueur est affichée pour plaire à Bruxelles alors que son coût social sera assumé ultérieurement. Nous avons très peu d’informations sur la manière dont on réalisera le trajet qui nous conduira de 5,2% de prélèvements aux 0,50% du futur traité.

Les politiques conduites jusqu’à présent s’appuient exclusivement sur un libéralisme économique chargé d’assurer les équilibres. Mais ce libéralisme a lamentablement échoué à produire des innovations et à concentrer l’investissement sur des secteurs prioritaires. Parmi les échecs les plus visibles on citera : l’absence de vente d’un seul avion Rafale, l’abandon du nucléaire par nos éventuels acheteurs, la fin de la sidérurgie avec l’arrêt des deux derniers hauts-fourneaux, la poursuite des délocalisations dans tous les secteurs. 

Désormais il est clair que les responsables de nombreux pays ne sont pas en situation de décréter de nouveaux sacrifices. L’Espagne, l’Italie avec des conservateurs au pouvoir disent ne pas pouvoir atteindre l’objectif assigné en 2013. Le président de la BCE joint ses lamentations à celles d’autres dirigeants. Aux Pays Bas, la coalition au pouvoir vole en éclat après le retrait d’un parti violemment hostile à un plan d’économies de 16 milliards d’euros.

Retournement idéologique en cours

Désormais un pacte de croissance est demandé y compris par ceux qui étaient les parangons de l’orthodoxie budgétaire. Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a réclamé mercredi "un pacte de croissance" européen, plaidant pour des réformes structurelles sans modérer son exigence d'une stricte discipline budgétaire, devant des députés européens. "Nous avons un pacte budgétaire (...) nous devons revenir en arrière et en faire un pacte de croissance", a dit M. Draghi, sans détailler ce qu'il entendait par ce terme de croissance, employé en général par les tenants d'une relance par la dépense publique, à laquelle il s'oppose fermement.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a ainsi affirmé à la mi-avril qu'il donnerait désormais la priorité à la croissance sur une politique d'austérité susceptible de faire empirer le sort de l'Italie. "Tout, tout, tout ce que nous faisons maintenant doit bénéficier à la croissance", a annoncé le chef du gouvernement italien. Rome prévoit désormais une contraction de 1,2% de l'activité pour 2012, contre 0,4% dans ses précédentes prévisions, en décembre dernier. 

 Le FMI estime par ailleurs que les banques doivent réduire leurs bilans de 2000 à 3800 milliards de dollars en 2012 et 2013. Christine Lagarde préconise une injection directe de l’argent public dans les banques pour les sauver. Un tel montant coûtera à la zone euro 1,4% de son PIB. Car les injections de près de 1000 milliards d’euros semblent n’avoir aucun effet sur la conjoncture. Les banques replacent le lendemain,à la BCE,  les sommes qui leurs sont prêtées. En conséquence le financement de l’économie par les banques devient impossible.

Alors que les responsables politiques s’étaient engagés à recapitaliser les banques en octobre dernier, la promesse a été oubliée. En perdant du temps, en considérant que tout était réglé, ils ont oublié la situation catastrophique des banques espagnoles et italiennes. La hausse des taux d’intérêt des emprunts émis par ces deux pays montre le peu d’empressement à souscrire de la part de banques dont les bilans sont déjà désastreux. Rien n’étant réglé, une nouvelle bourrasque s’annonce avec des sommes en jeu bien plus considérables que lors de la crise grecque. 

L’opinion publique commence à se lasser d’apprendre que des solutions préconisées, il y a seulement six mois par les experts, se trouvent rapidement démodées. Pire, ceux qui ont en charge les politiques monétaires, modifient leur jugement comme des girouettes au fur et à mesure de l’extension de la crise. 

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 19:00

La Pépinière

avril 2012


La campagne électorale semble ignorer la situation fâcheuse de notre pays dont le déficit global est en passe d’atteindre les 90% du PIB. En dépit d’un ralentissement du déficit budgétaire la dette continue à croître rapidement. En conséquence un nouveau tour de vis fiscal s’imposera après les élections.

En dépit de hausses sans précédent de la fiscalité de nouvelles mesures sont annoncées : hausse de la CSG et diminution de l’abattement de 40% sur les dividendes. L’interview du Président dans le dernier Investir/Journal des Finances ne montre aucun regret pour le passé et projette de persévérer  dans la même direction.

Toutefois son mandat aura éradiqué l’actionnariat individuel de plus de deux millions d’actionnaires. Que ce nombre soit passé de 6,5 à 4,2 millions pendant sa mandature devrait plutôt l’inquiéter (chiffre publié dans le Monde de la semaine dernière).

Plusieurs sociétés viennent de racheter leurs propres titres à un cours plus élevé que le cours coté : Bouygues et Havas. Cette attitude montre que le marché est complètement déserté. Le renouvellement de l’actionnariat suppose d’autres mesures plus incitatives. A titre d’exemple, la prise en compte de l’inflation, pour ne pas taxer des plus-values fictives comme actuellement.

Au plan européen, une nouvelle bourrasque vient d’Espagne, qui se trouve en difficulté pour le placement de ses emprunts dont le taux est proche des 6%. Ces tensions ont concerné tous les pays « faibles » ces derniers jours.Après ces alertes, il n’en fallait pas plus, pour que les cours régressent de 10%.

La Pépinière

Elle évolue dans le même sens que la bourse en général. Nous ne bougeons pas car les informations données par les sociétés  sur l’exercice 2011 vont dans le bon sens.

           

Valeur

Cours

PE 12

Cours

Plus

Objectif

 

d'achat

 

actuel

value

cours

           

Affine

13,59

10

13,36

-1,7%

21

Axa

12,31

6

11,68

-5,1%

17

HF Company

7,45

6,5

7,57

1,6%

11

France Télécom

11,42

8

10,63

-6,9%

19

Maurel Nigeria

2

8

2,29

14,5%

3,5

Maurel

13,54

9

13,1

-3,2%

18

Médica

12,23

13

12,27

0,3%

18

Néopost

52,47

11

47

-10,4%

65

Total

41,11

7

38,21

-7,1%

49

Safran

24,8

11

26,9

8,5%

31

Sequana

6,16

4

4,2

-31,8%

11

Vinci

38,16

11

37,13

-2,7%

46

Progression moyenne

   

-3,4%

 

Plus-value sur titres vendus

         
       

-3,4%

 
Par Guy Muller - Publié dans : La Pépinière
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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 10:06

La bourse en mars

 

Une nouvelle étape de hausse a fait progresser l’indice à près de 3600, venant de 2800, selon un rythme très rapide. Une réaction est en cours qui pourrait rejoindre les 3300. Toutefois, le marché est accroché à la hausse pour l’année 2012, car de nombreuses valeurs étaient tombées très bas.

En fait il y a deux marchés : celui des belles valeurs toujours chères grâce à leur statut protecteur : Air Liquide, Oréal, Essilor, Sodexo, LVMH, Danone, avec des PER de l’ordre de 18 à 20. Puis il y a les valeurs décotées, très en dessous de leur valeur réelle : Alstom, Rallye, Total, Axa, Safran…

Il y a aussi les victimes de la crise qui dépendent trop d’évènements extérieurs dommageables : EDF, GDF-Suez, Banques, automobile, télécoms. Dans ce dernier cas, la venue de Free a accentué les pertes de valeur de Bouygues, Vivendi et France Telecom. On le voit, la bourse est sujette aux conséquences de mesures de dérèglementations qui ont fait leurs preuves dans le passé. La suppression de la loi Scellier a des conséquences tellement importantes (Kaufman-Nexity) que la construction est devenue un thème électoral porteur.

 

La fiscalité de plus en plus envahissante est venue s’inviter parmi les risques des investisseurs. Non qu’il ne faille rien faire en ce domaine, mais que les incertitudes causées par des modifications permanentes rendent l’horizon de plus en plus incertain. Je conseille la lecture d’une note d’Henri Sterdyniak de l’OFCE comparant les revenus du capital et du travail : note de l’OFCE

 

Les actionnaires ont globalement perdu la moitié de leur investissement en 10 ans, beaucoup plus pour les souscripteurs des actifs dénationalisés. C’est ainsi qu’EDF et Areva ont subi les conséquences du désamour intervenu en matière nucléaire…

Mais nous ne sommes pas au bout du chemin des pertes de valeur. Le temps passe tellement vite, que le passif de la Grèce a été absorbé par les investisseurs privés, pour plus de 100 milliards d’euros. La perte enregistrée par les investisseurs a été de 74% !!Les engagements du FESF et du MES sont couverts à 21% par une caution française. Or on ne connait pas les montants des dettes souveraines achetées au dessous du nominal pour le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Les engagements pris vis-à-vis de Dexia par la France seraient de 79 milliards d’euros. Dans tous ces exemples, il faudra couvrir les pertes, en assumer l’amortissement intégral. Toutes ces pertes diminuent d’autant la valeur des banques, des assureurs. Mais les engagements des Etats concernent eux les contribuables, bien au-delà des dettes des Etats. Il s’agit d’engagements hors bilan dont l’apparition est certaine bien qu’étalée dans le temps.

 

Ne boudons pas la hausse de la bourse intervenue ces derniers mois. La fin de la campagne électorale risque d’être la fin des illusions pour tous.

 

Guy Muller

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 17:32

La Pépinière

février 2012

Nous avons vu précédemment le rôle de l’Etat au plan du matraquage fiscal qui a conduit nombre d’actionnaires à aller ailleurs. Maintenant si l’on désire passer du niveau macro-économique au niveau  micro-économique des sociétés, le choix d’une valeur comporte de nouveaux critères. Dans une période où les banques ont un accès presque gratuit au financement de la BCE, le recours au crédit pour les entreprises est devenu un véritable maquis. Les taux d’intérêt désormais exigés par le marché varient entre 3 et 8% selon l’importance de la société. Ces taux varient en fonction du risque et non en fonction des qualités intrinsèques d’une société. Au risque du pays d’appartenance il faut ajouter le risque lié aux marges très variables selon les secteurs. Ainsi, il devient impossible d’emprunter si les marges réalisées sont inférieures au cout d’un nouvel emprunt. Les petites sociétés sont d’autant plus sensibles à ce risque, qu’elles ont des difficultés à augmenter leur capital, vu la raréfaction du nombre des actionnaires. Dans certains cas, il vaut mieux couper dans la distribution du dividende pour faire face à une échéance ou pour diminuer son endettement. Afin de mieux orienter les achats d’actions, il existe une cotation des risques, représentée par une notation des agences de notation. Leur appréciation se traduit par la création des CDS, qui sont des assurances sur le risque présenté par tel ou tel acteur du marché. La tension plus ou moins grande dans l’évaluation du cout d’un risque s’appelle un Spread.

L’avenir lu dans les spreads.

La consultation des spreads à 5 ans sur les CDS indique que le futur est bouché tellement le coût des assurances sur les dettes des entreprises suit étroitement celui des pays liés à l’euro. Les pertes de compétitivité de nos économies ont donc une conséquence immédiate sur les taux de nos emprunts. Le petit porteur doit donc désormais intégrer la perte de valeur future, d’ores et déjà constatée, par le marché. Autrement dit il doit consulter les nouvelles tables de la loi qui notent les perspectives des entreprises.

Sur les dettes souveraines européennes les spreads sont les suivants: le Portugal  1 320 pb, l’Irlande 585 pb, l’Italie 394 pb, l’Espagne 354 pb et la France 168 pb, la Grèce elle en est à 6 307 pb, en hausse de 1 000 pb en une semaine.

Mais au niveau des entreprises non seulement leurs spreads sont indexés sur celui de leur pays, mais en plus il faut y ajouter une notation propre à chaque valeur ou secteur qui tient compte du risque tel qu’il est anticipé par le marché. En conséquence le spread d’une société va être plus ou moins élevé que celui de son pays.

Pour la France, par exemple, Air France est à 916, Peugeot à 544, Alstom à 239, France Télécom à 117, Total à 76, Sanofi à 50. Dans ces trois derniers cas, la dette des entreprises est mieux notée que celle de la France (168).

Pour l’Italie, ENEL est à 289, l’ENI à 139, Finmecanica à 591 !!

Pour l’Espagne, Repsol est à 171, Telefonica à 262.

Nos dirigeants peuvent bien se moquer des notations, mais ce sont elles qui font le marché, dictant les niveaux de taux d’intérêt. Les spreads notent la confiance que nous pouvons accorder à nos politiques, libre à eux de détourner l’attention sur d’autres sujets.

La Pépinière

On comprend que la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières devient difficile puisqu’à l’aléa de la gestion d’une société, il faut ajouter les aléas de gestion des finances publiques, ainsi qu’aux anticipations des marchés sur les DTS. L’avenir est encore plus sombre, car ceux qui se sont permis des marges de manœuvre excessives, de l’ordre de 6% par an, laissent une succession délabrée. D’ici 2017 le futur traité européen prévoit un déficit maximum de 0,35%, qui laisse place à de nouveaux tours de vis.

La perspective d’une croissance des prélèvements obligatoires aura une conséquence inévitable sur la croissance. En conséquence notre pépinière devra être plus solide.

Mais la conjoncture économique mondiale provoquera des récessions plus rapides ce qui rend beaucoup plus difficile une gestion de long terme. Les défaillances de pays de la zone euro sont actuellement masquées par des rachats d’obligations de la BCE et du FESF. Il faudra bien encaisser un jour ces pertes qui n’apparaissent pas encore dans les bilans. De nombreux secteurs sont concernés : banques, assurances, immobilier…  

En deux ans et en dépit de deux années de baisse de la bourse, le gain de la pépinière est de + 6,8% contre un moins 21,3% du marché, sur la même période. Il est du à une rotation importante du portefeuille, ce qui prouve qu’il faut bouger pour gagner quelque chose.

Un nouveau portefeuille est créé à la date du 16 février 2012, avec en conséquence des cours réinitialisés.

 

Valeur

Cours

PE 12

Cours

Plus

Objectif

d'achat

actuel

value

cours

Affine

13,59

10

13,59

0,0%

21

Axa

12,31

6

12,31

0,0%

17

HF Company

7,45

6,5

7,45

0,0%

11

France Télécom

11,42

8

11,42

0,0%

19

Maurel Nigeria

2

11

2

0,0%

3,5

Maurel

13,54

9

13,54

0,0%

18

Médica

12,23

13

12,23

0,0%

18

Néopost

52,47

11

52,47

0,0%

65

Total

41,68

7

41,68

0,0%

49

Safran

24,8

11

24,8

0,0%

31

Sequana

6,16

6

6,16

0,0%

11

Vinci

38,16

11

38,16

0,0%

46

Progression moyenne

0,0%

Plus-value sur titres vendus

0,0%

 

 

Rappel de la précédente liste

           

Valeur

Cours

PE 12

Cours

Plus

Objectif

 

d'achat

 

actuel

value

cours

           

Affine

14,3

10

13,59

-5,0%

21

Axa

15,76

6

12,31

-21,9%

18

HF Company

15,7

6,5

7,45

-52,5%

12

France Télécom

14,3

8

11,42

-20,1%

21

GDF-Suez

26,59

11

19,8

-25,5%

32

Maurel

9,77

9

13,54

38,6%

18

Médica

15,5

13

12,23

-21,1%

18

Pages Jaunes

7,12

4

3

-57,9%

9,5

Total

36,08

7

41,68

15,5%

45

Sequana

9,72

5

6,16

-36,6%

11

Progression moyenne

   

-15,5%

 

Plus-value sur titres vendus

     

22,3%

 
       

6,8%

 
           

L'achat est déconseillé lorsque le cours est proche de l'objectif

 
           

2011

Achat

Vente

Différence

   

CDA

20,65

22,8

10,4%

   

Danone

43,1

53,6

24,4%

   

Sanofi

42,66

54,6

28,0%

   
     

20,9%

   
           
           

2010

Achat

Vente

Différence

   

Total

39,87

44,6

11,9%

   

Pages Jaunes

7,46

8,8

18,0%

   

Vivendi

17,47

20,63

18,1%

   

SES Global

12,9

17,9

38,8%

   

Neopost

54,85

65

18,5%

   

Rallye

19,8

32

61,6%

   

Progression

   

27,8%

   

 

Par Guy Muller - Publié dans : La Pépinière
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 15:52

 

L’overdose fiscale

Nous aurions pu penser qu’avec la quatrième loi de finances modificative, nous en aurions fini avec les hausses d’impôts. Malheureusement, le programme à venir comporte une nouvelle hausse de la CSG de 2%, outre la modification de la TVA et la création d’une taxe Tobin.

Depuis 2007, les prélèvements sociaux seront passés de 11% à 15,5%, soit une hausse de 41%.

 Le taux global d’imposition sera lui passé de 27% à 36,5%. La taxation sur les intérêts atteint même les 39,5%. Autrement dit un rendement de 4% affiché ne rapporte in fine que 2,4%.  L’impôt sur les sociétés passe lui de 33,3 à 38,3%. Mais ce qui est le plus critiquable dans ces records qui dépassent tout ce qui a pu être fait auparavant par les « socialistes », c’est la profonde injustice de ces mesures. 

Sous couvert de taxer les riches, c’est la petite épargne qui est visée, par la suppression d’exonérations sur les plus-values et la taxation dès le premier euro encaissé. Il résulte de cet ensemble de mesures une taxation supérieure à celle du travail (8%) pour toutes les tranches d’imposition comprises entre 5 et 30%. Cette super-fiscalité concerne l’ensemble des revenus quelle qu’en soit la source : immobilier, valeurs mobilières, épargne de long terme. De plus, ces impositions ne tiennent aucun compte de la hausse des prix. On impose donc pour l’essentiel des pertes de valeur. Les riches peuvent opter pour un prélèvement libératoire d’autant plus favorable que leur revenu est élevé.

Sous couvert d’épargner les salariés actifs, on les dépouille simultanément, pour l’ensemble des enveloppes collectives : PEG, PEA, Intéressement et participation, assurances vie et retraite, retraites par capitalisation.

A la recherche de nos valeurs perdues

Le bilan économique de ces dix dernières années s’avère être catastrophique pour l’épargne. Plusieurs millions d’actionnaires ont disparu définitivement en ce qui concerne l’actionnariat direct, celui qui est le plus probant et le plus exemplaire. Car si  l’indice CAC est passé de 7 000 à 3 300, il traduit une quasi indexation sur l’évolution de nombreux titres issus des dénationalisations. Ce ratage est complet dans les domaines de la banque, de l’énergie, de la construction électrique et des télécommunications, des transports routiers et aériens.

La disparition de nombreux titres et la diminution du tirage des rares survivants de la presse économique démontre un effondrement de son lectorat. Adieu la Vie Française, le Journal des Finances, la Tribune. Cette dernière disparition a été récemment actée en janvier 2012.

Avec une bourse baissière et avec l’extinction de la presse économique, comment peut-on inciter les jeunes à venir investir ? Les deux moteurs du marketing boursier sont en panne….

Mais il y a plus grave, c’est la dévalorisation de la parole publique, qui a multiplié des affirmations stupides : baisse du chômage à 5%, rejet de la taxe Tobin et de la TVA sociale, défense des épargnants, etc. Autant d’affirmations qui se révèlent désastreuses au moment du bilan. Les voltes faces multiples prouvent l’absence d’une doctrine économique. Les affirmations successives et changeantes prouvent une domination du court terme et la force des pressions externes pour éviter un dépôt de bilan.


Guy Muller

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 20:30

La bourse

Janvier 2012

 

Une remontée des cours brutale

En un mois, le CAC40 est passé de 2900 à 3300 points, alors que la situation économique reste préoccupante.  De nombreuses valeurs ont progressé de 20% en quelques jours, parmi celles qui décotaient le plus, avec des PER de 3 à 6. A l’approche des résultats pour l’exercice 2011 et des futures distributions de dividendes, le marché a constaté une divergence importante entre les déficits des états et la situation bien meilleure des entreprises.

 

Le retour de la hausse de misère

Lorsqu’une monnaie dévaluait, avant la création de l’euro, les actions progressaient rapidement, du montant de la dévaluation. La valeur des actifs d’une société varie en fonction de son activité. La dévaluation dopait les ventes jusqu’à ce que l’avantage compétitif  retrouvé soit annulé par la hausse du coût des importations. De la même manière, notre marché a perdu 50% de sa capitalisation en dix ans, alors que les entreprises ont connu une progression de leur chiffre d’affaires. Elles se sont aussi désendettées, au contraire des Etats, retrouvant ainsi un rôle de valeurs d’actifs solides. Mieux, en s’implantant à l’étranger, dans les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), elles sont devenues beaucoup plus rentables.

Le terme de hausse de misère signifie alors que la hausse des cours indexe globalement les cours sur l’inflation et les dérives monétaires. L’action représente un actif qui se régénère en permanence par ses amortissements, provisions, cash flow.

La création d’une TVA dite sociale, donnera un bol d’oxygène au marché semblable à une dévaluation. Encore faut-il que cette hausse soit bien calibrée et pas d’un trop faible niveau. Comme on l’a vu dernièrement, la hausse de misère est générale, elle ne valorise pas les qualités intrinsèques d’une valeur.

 

Des Etats aux abois

Ils génèrent une grande instabilité fiscale, car toujours en recherche de solutions propres à satisfaire les notateurs. La France a décidé toute seule de créer une taxe sur les transactions financières. Cette taxe Tobin devait taxer les transactions spéculatives, or ses modalités d’application, vont encore augmenter le poids des prélèvements sur les valeurs mobilières. En effet cette taxe devrait concerner les actions et les obligations lors de leur achat ou de leur vente. Bien que d’un faible montant, les organismes gestionnaires d’OPCVM sont montés au créneau pour expliquer que leurs placements n’ont aucun caractère spéculatif. Les placements monétaires rapporteraient 0,8% au lieu de 1%. Les assurances vie deviendraient encore moins intéressantes… Bref, ce n’est pas la spéculation qui serait atteinte, mais bien l’investissement à long terme. La Cour des Comptes vient de publier un rapport qui exprime des doutes sur l’efficacité de l’assurance-vie qui ne contribue pas à la croisance.

Après avoir avancé la création de la TVA sociale, certains parlementaires ont dit préféré une hausse de la CSG. On le voit, le champ des possibles est toujours ouvert dans le sens d’une aggravation continue de la fiscalité…

 

La dégradation de notation des pays par Standard & Poor’s a été réfutée par les politiques, sans aucune nuance. Or l’agence de notation a explicité sa vision des choses, réfutant l’argumentation trop orthodoxe des Etats. L’accord du 9 janvier entame un processus de réforme basé sur le seul pilier budgétaire. Cet accord s’avère autodestructeur car augmentant l’inquiétude des consommateurs quant à leur emploi et à leur revenu, réduisant la demande intérieure, conduisant in fine à une baisse des recettes fiscales.

L’agence indique qu’il faut aussi rééquilibrer les échanges et lutter contre le déficit des balances commerciales en Europe. Elle préconise l’établissement d’un calendrier moins rapide et plus étalé pour le rétablissement des déficits.

Ces préconisations vont donc à l’inverse d’une pratique d’annonces multiples et irréfléchies de  la part de politiques soucieux d’occuper le terrain dans les perspectives électorales sui leurs sont propres.

 

Le pacte de régulation des déficits

Après sa perte des trois A, la France est désormais dégradée aussi au plan de la négociation du futur traité. C’est ainsi que l’Allemagne a commencé le 23 janvier une négociation avec les autres pays pour la rédaction du futur texte. Les réticences sont nombreuses quant aux sanctions à mettre en œuvre vis-à-vis des pays qui déraperaient. Cette mise sous tutelle est déjà rejetée par plusieurs pays au nom de leur souveraineté. Nous arrivons à l’essentiel du débat après dix ans de discours inefficaces. Avec une vraie banque commune, l’Europe deviendrait fédérale, situation déjà rejetée par la Grande Bretagne. Ce fédéralisme imposerait une communauté de vues au plan de la gestion économique et sociale. La possibilité d’exercer des sanctions, par qui et à quel niveau, est au cœur du prochain débat.

Pour le moment, l’accalmie sur le front monétaire, ne doit pas cacher les difficultés rencontrées et les difficultés futures. La Grèce qui hésite à accepter que les investisseurs se coupent les bras avec 70% de dépréciation de leurs créances, donne un très mauvais exemple. Le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la France doivent espérer, lors de chaque échéance, que leur masse de dettes puisse être refinancée sans à coup.

En conséquence, rien n’est définitivement réglé, tant que le volume de la dette continue à progresser. Pour réduire la dette, elle doit être inférieure à 3%, au-delà elle continue de croître. Comme en 2012, nous en serons toujours à 4,5%, il faudra recourir à des emprunts dont le volume continue à augmenter. En dépit d’une embellie, le risque en 2012 reste qu’un pays se trouve mis en difficulté lors d’un placement d’obligations. Tout repose en fin de compte sur la solidité des FESF et MES qui sont chargés d'assurer la liquidité du marché. 

 

Guy Muller

 

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 20:38

La Pépinière

Janvier 2012

Notre pépinière a subi l’évolution générale des cours sur un marché abandonné par plusieurs millions d’actionnaires. Les nouveaux venus en bourse, issus pour la plupart des dénationalisations, sont repartis écœurés par l’importance de leurs pertes. Dans cette fuite, ils ont été accompagnés par les retraits effectués dans les fonds communs de placements, qui ont dû accroître leurs liquidités. Près de 300 Fonds ont aussi disparu. La recherche de liquidités a donc pesé sur les cours, d’autant plus fort que l’investissement concernait de petites sociétés, dont le volume des échanges était faible. Ce phénomène est attesté par l’évolution générale des marchés, puisque les petites valeurs ont baissé plus que les grandes.

Sur deux ans, notre pépinière reste positive, alors que le CAC a perdu plus de 20% durant la même période, mais avec un résultat inférieur à un placement sur livret.

Un avenir assombri par les excès de la fiscalité

L’impôt sur les sociétés qui devait passer de 33 à 36%, a été haussé à 38%. Les revenus et les plus-values seront taxés à 32,5%. On voit que les politiques ne comprennent toujours rien au fonctionnement des marchés.

Au niveau micro-économique, il y a une amplification spéculative des risques anticipés, qui met les nerfs des actionnaires à l’épreuve. Ils sont touchés tout d’abord par une sur-évaluation des entreprises dénationalisées. L’Etat a de ce point de vue très bien géré la spoliation des actionnaires, sans toutefois diminuer sa dette. Les banques, l’énergie ont transféré les risques aux petits porteurs. Comme la société japonaise Tepco en voie de nationalisation, les AREVA, EDF, GDF sont prises dans un étau. Celui d’une imprévisibilité croissante de leurs coûts et de leurs tarifs. Quand à la gestion calamiteuse des banques, elle est le fruit d’une imprévoyance et d’une précipitation de certaines dans l’arène de la spéculation mondiale. Dexia, Natexis, les banques populaires, le Crédit Agricole, la banque Postale, n’avaient rien à gagner à modifier leur statut de banque de dépôt. De par leur spécialisation ou de par leur statut mutualiste elles étaient protégées. Puis elles ont voulu copier des schémas de fonctionnement exogènes et dangereux. De ce fait elles se retrouvent toutes dégradées, de plusieurs points pour certaines.

Si en période de croissance il y a toujours une valeur décevante sur dix titres, ce risque est atténué par la diversification des placements. En période de crise, le risque augmente, l’épargnant peut perdre sur deux ou trois valeurs. Taxer d’un tiers un gain certain est acceptable, mais taxer d’un tiers des gains hypothétiques et aléatoires, devient une folie. Taxer à 32,5%  le revenu ou les plus-values d’un placement qui sera perdant sur deux ou trois valeurs, c’est amputer de 50 à 60% les gains potentiels d’un portefeuille. Personne ne peut l’accepter, surtout si l’impôt sur les sociétés progresse simultanément de 15%, et si certains secteurs doivent payer une sur-imposition, ce qui sera le cas pour les immobilières.

Quel a été le gain en 2011, avec 17% de baisse moyenne sur l’année ? Quel est le gain réalisé sur les dix dernières années pendant lesquelles le CAC est passé de 7000 à 3100 ? La fiscalité devient alors une stigmatisation inutile pour des personnes qui créent l’emploi en répondant aux augmentations de capital. Aux cours actuellement dépréciés, l’augmentation de capital devient impossible, ou alors en diluant fortement le bénéfice par titre. Il faut bien comprendre que l’investissement en bourse de long terme est désormais asphyxié par des prélèvements en progression continue. 

Une fiscalité qui pèsera sur le développement économique

Cette croissance qui ralentit rendra plus difficiles les rentrées fiscales, à un tel point, que de nouvelles idées apparaissent : TVA sociale, hausse encore de la CSG. Toutes ces mesures auront d’ailleurs un rendement décroissant au fur et à mesure de leur mise en place.

En conséquence, l’investissement en bourse, exige une stabilisation des  règles fiscales. Le système actuel est en fin de course : conduit par des amateurs de bonneteau. Ceux qui possèdent un portefeuille ont intérêt à attendre des jours meilleurs. Mais pour les nouveaux venus, je leur conseille d’attendre, une restauration de la confiance. Sans stabilité fiscale rien de bon ne peut advenir. La dégradation des notations des Etats est la juste mesure de leurs dérapages. En se donnant une marge de manœuvre de 6% de déficit par rapport aux 3% des traités, les responsables politiques ont obéré l’avenir pour eux-mêmes et pour leurs successeurs.

           
           

Valeur

Cours

PE 12

Cours

Plus

Objectif

 

d'achat

 

actuel

value

cours

           

Affine

14,3

10

12,5

-12,6%

21

Axa

15,76

5,5

10,21

-35,2%

18

HF Company

15,7

6,5

6,3

-59,9%

12

France Télécom

14,3

8

12,2

-14,7%

21

GDF-Suez

26,59

11

21,31

-19,9%

32

Maurel

9,77

9

11,77

20,5%

18

Médica

15,5

13

12,87

-17,0%

18

Pages Jaunes

7,12

5

2,84

-60,1%

9,5

Total

36,08

8

39,2

8,6%

45

Sequana

9,72

5

4,4

-54,7%

11

Progression moyenne

   

-20,4%

 

Plus-value sur titres vendus

     

22,3%

 
       

1,9%

 

Cours arrêtés au 31 décembre 2011

         

L'achat est déconseillé lorsque le cours est proche de l'objectif

 
           

2011

Achat

Vente

Différence

   

CDA

20,65

22,8

10,4%

   

Danone

43,1

53,6

24,4%

   

Sanofi

42,66

54,6

28,0%

   
     

20,9%

   
           
           

2010

Achat

Vente

Différence

   

Total

39,87

44,6

11,9%

   

Pages Jaunes

7,46

8,8

18,0%

   

Vivendi

17,47

20,63

18,1%

   

SES Global

12,9

17,9

38,8%

   

Neopost

54,85

65

18,5%

   

Rallye

19,8

32

61,6%

   

Progression

   

27,8%

   
Par Guy Muller - Publié dans : La Pépinière
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 19:06

La bourse  

décembre 2011

 

 

Des sommets "historiques" décevants

Les cours de bourse actuels reflètent une piètre confiance pour l’avenir proche et lointain. La cure d’austérité s’aggrave car les décisions politiques visant à réduire les déficits sont reportées à un accord sur un traité à venir. Ce traité est prévu pour mars prochain et un délai important en suivra l’acceptation par les Etats. Le dernier sommet a donc énormément déçu, puisqu’il repousse l’échéance à 18 mois. Ce délai est donc incompatible avec le calendrier économique qui poussera les taux d’intérêt à la hausse. Ainsi, alors que la règle d’or doit être transposée dans les pays membres de l’euro, elle est loin d’être adoptée par ses promoteurs. C’est ainsi que le déficit en France pour 2011 est de 5,7% et sera de 4,5% en 2012. En conséquence la marche prévue pour 2013 est très haute : passer de 4.5 à 3% c’est reporter la difficulté sur d’autres responsables. C’est dire que les promoteurs de la règle d’or ont été les premiers à se donner d’importantes marges de manœuvre avec 6% de déficit pendant toute la durée de leur gestion. La perte inéluctable de notre bonne notation est une conséquence de ce laisser-aller…  

L’annonce d’une modification du traité en mars prochain est une grande déception car les opinions publiques auront l’occasion d’intervenir dans le débat. Certains pays verront leur coalition au pouvoir voler en éclat. En mars qui sait combien de pays seront d’accord sur les décisions prises par l’Allemagne et la France ? D’autant plus que le délabrement économique de la zone euro sera en pleine extension. Il faut bien comprendre que toute augmentation de la fiscalité diminue la croissance et donc les revenus des états. Nous n’apprenons décidément rien des évolutions en cours en Grèce, Espagne, Portugal, Islande et Irlande. Lorsque l’Italie et la France auront rejoint la cohorte des pays dévalués par la progression de leur endettement et la hausse de leurs taux d’intérêt, plus personne ne tirera l’économie de la zone euro.

 

Les effets d’annonce cachent la progression continue de nos dettes. En 2011, en 2012 et 2013, la France devrait dépasser les 92% d’endettement rapporté au PNB annuel. Mais ces chiffres ne signifient rien, la réalité sera pire, de par les garanties et cautions données. Si tout le monde semble d’accord pour déployer de nouveaux moyens : FESF, MES, FMI, ces moyens exigent de nouveaux apports en capitaux, accroissant le risque de défaut de remboursement. Si le FESF a acheté 200 milliards d’euros de dette grecque, la France a perdu 50% de cette dette sur sa participation de 21% au capital du fond. Créer de nouvelles enveloppes ou les augmenter exigera un recours accru au marché. Nous avons aussi donné une garantie de dix milliards d’euros à la banque Dexia, garantie qui s’ajoutera à l’effacement des dettes des collectivités locales, piégées par les emprunts dits toxiques. Or l’Etat vient de prendre la décision de diminuer de 10 milliards l’aide aux collectivités locales. Il ne faut pas exclure un appui ponctuel accordé à une banque défaillante.

Au-delà du déficit premier conséquence de la mauvaise gestion du budget, il faudra ajouter les pertes extérieures liées au soutien des autres monnaies. L’Allemagne a refusé pour ces raisons d’augmenter les moyens du FESF et du MES pour réduire le risque d’un défaut de remboursement.

Avec des échéances de l’ordre de 500 milliards d’euros à recycler en 2012, le risque pour l’Europe est bien de ne plus trouver de prêteurs aux taux actuels.

 

Pour la bourse : un avenir bouché

Alors que de nouveaux efforts fiscaux seront demandés après l’alternance politique, nos dirigeants ont fait beaucoup pour détourner les petits porteurs de l’investissement dans l’économie et l’emploi.

Citons l’impôt sur les sociétés porté de 33,3 à 38,3% ce qui diminuera d’autant le montant des dividendes à verser. La hausse continue de la CSG-RDS passés au global de 25 à 32,5%, la suppression des franchises sur les plus-values et la suppression de l’abattement sur les faibles revenus.

 

Mais à un niveau inférieur, il y a eu les interventions sectorielles, souvent condamnées par les tribunaux. Le gaz, l’électricité, le pétrole font l’objet de décrets de modération, même si les conditions économiques ont changé. La pharmacie doit aussi connaître une régulation de ses prix sans compter des déremboursements continus. Les foncières seront soumises à une fiscalité spécifique avec un prélèvement de 40% et leur éviction des PEA. Ces interventions permanentes ajoutent de nouveaux handicaps à des sociétés qui paient déjà un impôt accru !

L’horizon actionnarial recule sans cesse. Faut-il rappeler la loi de 2006 qui devait supprimer l’imposition des plus-values à long terme, désormais supprimée à l’occasion du budget 2012 ? Du fait de la hausse des prix, on taxe donc des plus-values inexistantes.

 

Ces interventions incessantes de l’Etat suppriment toute visibilité aux investisseurs au plan macro-économique comme au plan micro-économique. Plus de deux millions d’actionnaires ont déserté la bourse, combien en restera-t-il en fin de crise ? Qui acceptera désormais l’incertitude fiscale (le passé a enrefistré une hausse régulière des prélèvements tous les ans), l’incertitude pesant sur les secteurs entiers de l’économie. A quoi bon parler du maintien du nucléaire si les cours d’Areva et d’EDF sont devenus affligeants ? Comment restructurer le capital des banques avec les cours dépréciés actuels ?

Comme l’augmentation de la fiscalité globale aura un effet de freinage rapide de nos économies la résorption des déficits entraîne une décroissance délibérément organisée ?

 

Ce site a voulu démonter l’intérêt de l’investissement en bourse. Il se trouve entravé par une situation nouvelle et étrange. Ceux qui devraient défendre les valeurs de l’investissement à long terme en détruisent chaque jour les fondements. Il faut donc attendre une restauration de la confiance par des dirigeants plus respectueux de la parole donnée. En conséquence l’investissement en bourse doit suivre la dégradation d’estime qui lui est actuellement infligée.

 

Guy Muller

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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 11:07

 

Un tour de vis énorme jugé insuffisant par Bruxelles

Le nouveau plan de résorption du déficit de la France, en dépit d’un niveau de fiscalité important, ne suffira pas à enrayer la progression du déficit pour l’année 2012. Ce déficit devrait encore progresser de 1 à 1,5, au delà des 85%.

L’impôt sur les sociétés est porté à 38,3%, en hausse de 5%, d’un seul coup, soit 13% majoration. Ce prélèvement annule deux années de progression des bénéfices des sociétés, pour les mieux loties !!

Le prélèvement libératoire passe lui de 19 à 24 %, soit une hausse de 26% en une année. Depuis 2007 ce taux sera passé de 15 à 24%, soit une progression de 60%. Les prélèvements sur revenus passent de 31,3% à 37,5%, soit plus de 20%. Le pompon est détenu par la fiscalité immobilière (entendre la vingtaine des conventionnées) pour lesquelles le prélèvement atteindra les 40% dès 2012.

Doit-on rappeler que ceux qui ne devaient pas augmenter les impôts ont précédemment supprimé l’abattement forfaitaire sur les revenus de dividendes et l’abattement sur les plus-values, dès 2011 ?

Avec une baisse de la bourse de 20% en 2011 et une baisse de l’ordre de moitié en dix ans, nos dirigeants montrent leur méconnaissance des marchés. Nombre des majorations prévues s’avéreront inopérantes et nécessiteront donc de nouveaux prélèvements tout aussi inutiles.

 

La dette flambe du fait des cautions extérieures

En dépit des sacrifices exigés, le niveau du déficit prévisible pour l’année 2012 sera supérieur à 4,5%. Or au-delà de 3%, la masse des emprunts continue à croître, de façon inéluctable. Quelle sera alors la fiscalité qui permettra de passer à zéro déficit en 2017 ?

Le cumul de ces taxes et l’augmentation de la TVA et de divers autres prélèvements nous donne l’assurance d’une conjoncture très affaiblie dans les deux prochaines années. Mais la hausse des taux d’intérêts obligataires, les cautions données au FESF, ou à Dexia (10 milliards pour cette seule banque), nous assurent que la dette croîtra pour des facteurs extérieurs. A titre d’exemple si le FESF a racheté 200 milliards de dette grecque, la France en est caution pour 21% pour une défaillance déjà actée de 50%. Notre perte est donc de 20 milliards auxquels s’ajoute divers prêts hors FESF pour 32 milliards. Au total, la dette de la France se sera accrue de 62 milliards, au titre des seuls engagements extérieurs. Or l’Italie, l’Espagne et la France entrent dans le cyclone de la hausse des taux d’intérêts. La France acquitte une prime de risque de 200 points supérieurs à la prime payée par la monnaie la plus forte. Comment payer une dette à 5%, alors que les 3% étaient déjà difficiles à gérer ?

 

Le seul conseil que je puisse donner c’est d’éviter de jouer avec les nouveaux maîtres d’une économie devenue folle, ingérable et très adaptée à multiplier le nombre des sans emplois. En s’en prenant à l’épargne des plus petits, l’Etat vide le marché des Epargnants les plus stables, les plus nécessaires aux entreprises. C’est l’épargne longue qui crée l’emploi, non la spéculation au jour le jour. Justement, parlons de la dernière manifestation des législateurs intervenue la semaine dernière. Monsieur Carrez a supprimé l’engagement de l’Etat de protéger les plus-values générées par une épargne longue. Cette décision avait été adoptée par le Parlement en 2006 à la condition que les actions soient détenues de façon continue. Sa justification était que les plus-values étaient imposées sans qu’il soit tenu compte de l’inflation. Cette exonération prévue au bout de cinq ans de détention avait été reportée à 6 et 7 ans. Elle est désormais complètement supprimée.

 

Les actionnaires attendent la restauration de la Confiance

Nous attendrons pour investir  la venue de responsables plus au fait des mécanismes à long terme. Au fond, Jacques Delors dès 1983, avait restauré la confiance tout en créant le second marché qui avait été une pépinière d’entreprises à fort potentiel. La fiscalité était modérée pour toute épargne de long terme. La bourse avait quadruplé en 10 années. Mais c’était un socialiste… Nos capitalistes libéraux ont eux perdu en route 2 à 3 millions d’actionnaires. Ces actionnaires, nouveaux pour l’essentiel, ont connu de sévères pertes sur l’ensemble des valeurs mises sur le marché après dénationalisation. Natixis a perdu 90% de sa valeur, Dexia 99%, toutes les bancaires ont chuté lourdement, surtout si l’on tient compte des appels au marché pour recapitalisation (passés et à venir). Les valeurs de l’énergie sont à des niveaux catastrophiques : EDF, GDF, Areva. Les valeurs des Télécommunications sont aussi à des prix bradés : France Télécom, Vivendi, Bouygues, tout comme les TF1, M6… Certaines valeurs ont complètement disparu de l’horizon : Péchiney, Arcelor, Assurances AGP, AGF. Faut-il évoquer le passage d’Air France à moins de 5 euros ?

Les actionnaires ont déjà voté avec leurs pieds, sanctionnant une politique désastreuse, fruit de l’absence d’ambition industrielle, voire de la fin des grandes innovations provenant de notre sol. L’hebdomadaire « Le revenu » de cette semaine publie un sondage qui montre que plus de 80% des actionnaires sont mécontents de la fiscalité qui les concerne directement.  Autant dire que le travail de destruction de valeur déjà constaté sur les dix dernières années, se poursuit avec la création d’une fiscalité instable. L’absence de lisibilité fiscale, même à très court terme, parachève la démolition de la confiance des épargnants.

 

Guy Muller

Par Guy Muller - Publié dans : Le commentaire du mois
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